L’info hyper-locale au temps du numérique

Un peu partout à travers le pays, les salles de rédaction des médias réagissent au bras de fer qui se joue actuellement entre le gouvernement fédéral et les géants numériques, Meta et Google à l’avant-plan. Dans un média d’information hyper-locale, plusieurs enjeux sont semblables que ceux rencontrés chez les plus gros joueurs, mais le défi de la découvrabilité des contenus est bien présent.

L’info hyper-locale au temps du numérique | 15 juillet 2023 | Article par Simon Bélanger

Un bras de fer se joue entre les géants numériques et le gouvernement fédéral, dans la foulée de l'adoption de la Loi sur les nouvelles en ligne.

Crédit photo: Pixabay

Un peu partout à travers le pays, les salles de rédaction des médias réagissent au bras de fer qui se joue actuellement entre le gouvernement fédéral et les géants numériques, Meta et Google à l’avant-plan. Dans un média d’information hyper-locale, plusieurs enjeux sont semblables que ceux rencontrés chez les plus gros joueurs, mais le défi de la découvrabilité des contenus est bien présent.

Dans les derniers jours, vous avez sans doute pris connaissance des nouvelles entourant l’adoption par le gouvernement fédéral de la Loi sur les nouvelles en ligne (autrefois connue sous le nom de projet de loi C-18).

Celle-ci devrait officiellement entrer en vigueur en décembre 2023. 

C’est quoi cette loi?

La Loi sur les nouvelles en ligne incarne la volonté du gouvernement fédéral de forcer les géants numériques (à l’avant-plan Alphabet (Google) et Meta (Facebook, Instagram) à négocier une compensation avec les médias du pays pour le partage de leurs contenus.

Cette loi s’inscrit à un moment où les revenus publicitaires des médias sont en chute libre depuis des années, alors que les plus grosses plateformes du Web se sont accaparées environ 80% des revenus.

Si aucune entente n’est signée avec les entreprises propriétaires de Google et de Facebook d’ici la fin de l’année 2023 ou si Ottawa n’est pas satisfaite de l’entente, les différents médias pourraient les obliger à aller en arbitrage, pour réclamer ce qu’ils estiment être la meilleure compensation.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) décidera le cas échéant si Google et Facebook peuvent se sauver de l’arbitrage. Le CRTC pourra aussi imposer des amendes à ces plateformes, pour un montant allant jusqu’à 15 M$.

Cette loi ne vise pas Apple ou Microsoft, en raison de leur importance moindre sur les réseaux sociaux ou dans la recherche en ligne.

Plusieurs médias ont fait face à des difficultés financières dans les dernières années, ce qui a mené à plusieurs licenciements de journalistes, souvent des plus jeunes à statut précaire.

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Conséquences pour Monquartier

Déjà, Facebook et Google ont procédé à des tests pour limiter la portée des contenus de médias canadiens sur leurs plateformes. Il est possible que vous ayez vous-mêmes pigé le mauvais numéro et vu le nombre de publications en provenance de vos médias locaux chuter drastiquement dans les dernières semaines.

Pour Monquartier et ses différentes branches (Monlimoilou, Monmontcalm, Monsaintroch et Monsaintsauveur), il s’agit d’une bien fâcheuse nouvelle, comme une grande partie du trafic sur nos contenus provient de Facebook et de Google.

Les choix de multinationales basées en Californie ont un impact jusque dans nos quartiers, puisque des médias un peu moins connus ou établis, comme le nôtre, deviendront plus difficiles à découvrir.

Comme nous couvrons régulièrement des sujets qui ne se hissent pas dans les grands médias, mais qui ont un fort intérêt public pour les gens qui habitent nos quartiers, les tactiques de Meta et Google pourraient mettre en péril notre mission d’information hyper-locale. 

Solidarité médiatique

Évidemment, nous sommes aussi solidaires des plus gros joueurs. Limiter l’accès à une information de qualité et fiable, produite par des journalistes d’expérience, c’est aussi mettre en péril la démocratie et le quatrième pouvoir. Si ce contenu est de moins en moins accessible, moins de revenus risquent de rentrer dans les coffres. Ceci limitera la production de grands dossiers et d’enquêtes journalistiques fouillées, qui demandent temps et argent.

Et malgré ce que les mauvaises langues diront, c’est aussi moins de ressources pour jouer le rôle de chien de garde face aux gouvernements et aux entreprises. Après tout, ce sont des médias bien établis, après une vérification rigoureuse des faits, qui ont pu dévoiler des histoires comme la nomination d’un ami comme juge par le ministre Simon Jolin-Barrette (Le Soleil), les nombreux accrocs à l’éthique de Pierre Fitzgibbon (Journal de Québec) ou l’influence de McKinsey chez nos gouvernements (Radio-Canada).

Et encourager nos médias, c’est aussi une façon minimale de lutter contre les vecteurs de désinformation, qui pullulent sur les réseaux sociaux depuis déjà quelques années. 

Suivre l’actualité hyper-locale autrement

Bien sûr, il reste encore beaucoup d’eau à couler sous les ponts d’ici l’entrée en vigueur de la loi en décembre prochain.

D’ici là, nous vous encourageons à continuer de nous suivre sur nos différents sites Web : monquartier.quebec, monlimoilou.com, monmontcalm.com, monsaintroch.com et monsaintsauveur.com.

D’ailleurs, même si vous n’habitez pas l’un de ces quartiers et que vous le fréquentez à l’occasion, vous pourrez trouver des informations fort intéressantes sur les événements qui s’y déroulent et les différents commerces qui ont pignon sur rue.

Également, nous vous invitons plus que jamais à vous abonner à nos infolettres. Pour nous, c’est sans doute la façon la plus efficace de vous rappeler notre existence. Vous pouvez la choisir pour votre quartier seulement ou sélectionner toutes celles qui vous intéressent. Celle-ci rentre dans votre boîte courriel tous les samedis matins.

Finalement, nous continuons de publier notre contenu sur les réseaux sociaux, comme Facebook, Instagram et Twitter, en espérant que ce contenu demeure accessible pour vous. Nous partageons aussi régulièrement nos articles dans les différents groupes de quartier concernés sur Facebook. Nous continuerons de le faire, aussi longtemps que nous le pourrons.

Merci beaucoup pour la confiance accordée à vos médias d’information hyper-locale!

Simon Bélanger, rédacteur en chef

P.S. Oui, vous constatez par ce texte que je succède à Suzie Genest au poste de rédacteur en chef. Je tâcherai de lui faire honneur et je la remercie profondément pour toutes les années passées à couvrir et à aimer l’actualité hyper-locale.

Comme des changements sont encore à venir dans le personnel de la rédaction, un article plus complet sur notre nouvelle équipe suivra dans les prochaines semaines. Mon collègue journaliste Thomas Verret continue de tenir le fort, en attendant qu’une troisième personne complète le trio sous peu. 

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