La gentrification à Québec au cœur d’un documentaire à la Course des régions

Le film de 10 minutes sur la gentrification Vivre où l'on peut est inscrit à la Course des régions d’Unis TV, une compétition cinématographique pancanadienne.

La gentrification à Québec au cœur d’un documentaire à la Course des régions | 2 mars 2023 | Article par Simon Bélanger

Le film Vivre où l'on peut est en lice à la Course des régions.

Crédit photo: Capture d'écran

Le film de 10 minutes sur la gentrification Vivre où l’on peut est inscrit à la Course des régions d’Unis TV, une compétition cinématographique pancanadienne.

Guillaume Vidal, jeune réalisateur originaire de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, n’a lui-même jamais habité à Québec. Il a bien fréquenté le Cégep Limoilou lors de ses études collégiales en cinéma, mais il ne s’est jamais installé dans un appartement de la basse-ville de Québec.

Depuis ses études universitaires à l’Université de Montréal, toujours en cinéma, il habite la métropole.

C’est pourtant le sujet de la gentrification dans la basse-ville de Québec qui se trouve au cœur de son premier documentaire.

S’il prévoyait au départ s’intéresser à Wendake et aux Premières nations, un de ses mentors de la Course des régions l’a plutôt redirigé vers un autre sujet, en raison des délais serrés et de la limite de 10 minutes imposée au film, ce qui serait « une mauvaise idée » pour ce type de projet.

« J’ai un mentor qui m’a dit que la gentrification à Québec, c’était le sujet de l’heure pour tout le monde qui est locataire ou propriétaire », explique Guillaume Vidal en entrevue.

Le réalisateur ajoute qu’il n’avait lui-même « aucune idée » ce que signifiait ce mot.

Selon l’Office québécois de la langue française, le terme « gentrification » est un emprunt de l’anglais, qu’il faudrait remplacer par « embourgeoisement ». L’OQLF définit ce phénomène par une « transformation socio-économique d’un quartier urbain ancien engendrée par l’arrivée progressive d’une nouvelle classe de résidents qui en restaure le milieu physique et en rehausse le niveau de vie ».

Vivre où l’on peut

Pour trouver le titre de son documentaire, Guillaume Vidal s’est inspiré d’une phrase trouvée au détour de ses recherches sur le sujet.

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Dans sa thèse de doctorat, Louis-Pierre Beaudry, actuellement professeur de sociologie au Cégep Limoilou, avait voulu expliquer l’écart qui grandissait entre les plus riches et les moins nantis : « les riches s’installent où ils veulent, les pauvres où ils peuvent ».

« Tu habites où t’es capable de te le permettre. Si t’as les moyens, tu peux habiter où tu veux. La grande majorité de la population va habiter là où elle peut », ajoute le cinéaste.

Guillaume Vidal a rencontré plusieurs représentant.e.s d’organismes communautaires et de groupes citoyens connus des quartiers de la basse-ville. Le Bureau d’animation et information logement du Québec métropolitain (BAIL) participe notamment au documentaire. C’est aussi le cas de la Table citoyenne Littoral Est et du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) complètent le portrait des organisations locales représentées dans le film.

Marie-Hélène Deshaies, de la Table citoyenne Littoral Est, aborde certains dossiers chauds du secteur Maizerets. Elle parle notamment de la zone d’innovation InnoVitam et du nouveau projet immobilier prévu sur l’ancien terrain de Gaétan Moto.

Pourquoi en parler?

Guillaume Vidal espère que son film pourra contribuer à « sensibiliser » la population, mais également les décideurs publics.

« Moi qui adore cette ville, je ne veux pas qu’elle perde son charme pour devenir un gros centre touristique comparable à Disneyland », ajoute-t-il.

Pour lui, il existe peu d’encadrement légal pour limiter les hausses de loyer ou les évictions.

« Il y a des manières de contourner le système et ces manières-là sont très connues. Ça fait en sorte que les lois sont là comme décoration. Ce n’est pas tellement ce qui va empêcher un propriétaire qui a envie d’évincer ses locataires de le faire », estime-t-il.

Pour Guillaume Vidal, les organismes communautaires servent justement à « venir un petit peu boucher les trous dans ces lois-là. »

Guillaume Vidal, originaire de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, réalise son premier documentaire.
Crédit photo: Courtoisie Guillaume Vidal

Concours et festival

Le documentaire Vivre où l’on peut est accessible sur Vimeo. Il a déjà été présenté en novembre dernier au théâtre Granada, à Sherbrooke, avec toutes les autres productions de la Course des régions.

Vivre où l’on peut from Guillaume Vidal on Vimeo.

Il est présentement en lice pour le prix du public jusqu’au 3 mars. La personne récipiendaire obtiendra une bourse de 1000 $ offerte par UNIS tv. Il est possible de voter en ligne.

Guillaume Vidal espère aussi que son documentaire pourra avoir une vie dans différents festivals au Québec.

Le cinéaste avoue quand même que la fiction, c’est davantage sa « vibe ». Il est présentement en développement d’une série télévisée de fiction, dans le cours d’un concours organisé par TV5. Il travaille sur des courts métrages, des vidéoclips et un long métrage.

Les gens de Québec ont aussi pu découvrir son travail dans le cadre du projet Anémoia – Dans la tête des passants de Québec, présenté lors des derniers Rendez-vous d’histoire de Québec. On y découvre plusieurs images d’archives tournées entre les années 1920 et 1950.

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