43 M$ pour l’adaptation aux changements climatiques

Le gouvernement canadien s'engage à investir 43 M$ au cours des cinq prochaines années pour aider le secteur de la santé et les particuliers à s'adapter aux changements climatiques. Cet argent financera des programmes fédéraux existants prévus à cet effet.

43 M$ pour l’adaptation aux changements climatiques | 26 mai 2023 | Article par Thomas Verret

Ottawa investira 43 M$ sur cinq ans dans la lutte aux changements climatiques. Cette annonce a été bien accueillie par les intervenants locaux.

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Le gouvernement canadien s’engage à investir 43 M$ au cours des cinq prochaines années pour aider le secteur de la santé et les particuliers à s’adapter aux changements climatiques. Cet argent financera des programmes fédéraux existants prévus à cet effet.

Le ministre de la Santé et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a procédé à cette annonce, vendredi, au Centre culture et environnement Frédéric Back.

Le plus grand défi de notre époque

Ce dernier souligne que les changements climatiques constituent la plus grande menace pour la santé de la population au Canada et dans le monde entier. « Notre système de santé joue un rôle important dans la prévention des impacts des changements climatiques sur la santé, mais nous n’y arriverons pas seuls, dit-il.

« Évidemment, 43 millions de dollars, c’est de l’argent, beaucoup d’argent pour certains, mais c’est peu d’argent par rapport au défi auquel nos systèmes de santé font face en raison de la pollution et des changements climatiques, a déclaré M. Duclos. C’est pour ça que ce travail et les efforts font du sens seulement si ça appuie les efforts de partenaires clés, comme les provinces et les territoires. »

Jeanne Robin, de Vivre en Ville, (à gauche) et la Dre Johanne Elsener (à droite) étaient aux côtés de Jean-Yves Duclos lors de la conférence de presse.
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Impacts du système de santé sur l’environnement

Cet investissement vise, entre autres, à bâtir des systèmes de santé plus résilients, « plus robustes » et « qui protègent mieux l’environnement », indique M. Duclos.

« Le premier devoir en médecine est de ne pas faire de tord. Or notre système de santé canadien émet des quantités significatives de gaz à effet de serre, mais aussi plus de 200 000 tonnes de polluants atmosphériques, causant environ 23 000 années de vies perdues en raison de décès prématurés et d’incapacités », met en lumière la Dre Johanne Elsener, présidente de Santé Urbanité et représentante de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement.

La Dre Johanne Elsener estime que la lutte aux changements climatiques représente « une chance inouïe ». C’est « une formidable opportunité » de mieux faire pour notre santé et notre économie, en raison « des cobénéfices » engendrés par le verdissement urbain et la mobilité durable.
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Appui à la mobilisation

En outre, ces sommes soutiendront « des luttes locales », « des actions communautaires », ajoute Jean-Yves Duclos.

« La situation est grave et malheureusement, elle va continuer de s’aggraver. La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus, au Canada et à Québec en particulier, les gens comprennent et sont prêts à se mobiliser, personnellement et collectivement pour faire la différence. »

Verdissement urbain et mobilité durable

Le verdissement urbain et la mobilité durable constituent deux solutions pour faire face aux changements climatiques, affirme également la directrice principale de Vivre en Ville, Jeanne Robin.

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« Les équipements de santé sont des déterminants de notre résilience. Or, trop souvent, ce sont des espaces très minéralisés. »

Elle donne l’exemple de l’hôpital Saint-Sacrement. Les stationnements occupent la quasi-totalité du terrain, de part et d’autre de l’édifice.

« Sur la carte des îlots de chaleur, il fait une belle tâche rouge. »

Selon Jeanne Robin, « il est trop tard pour espérer éviter toutes conséquences aux changements climatiques ». « Mais il est grand temps de prévenir un réchauffement climatique plus important qui, lui, aurait des conséquences encore plus dramatiques, en particulier sur les plus vulnérables ».
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Inégalités sociales

« Les changements climatiques ont donc des impacts plus graves » pour les moins nantis de la société, rappelle Mme Robin.

Pour les personnes « qui n’ont pas les moyens de se mettre à l’abri de la chaleur, que ce soit à l’aide d’un air climatisé, d’une cour ombragée ou d’un chalet en bois ».

« C’est pour elles et pour eux, en priorité, que nos collectivités doivent s’ajuster, autant par la dotation de nos services publics, en particulier le réseau de la santé, et par la création d’infrastructures naturelles, que par le renforcement d’un réseau de vigilance et d’entraide public comme communautaire. »

Hôpitaux prioritaires

Les établissements de santé veulent d’abord avoir « un meilleur portrait de la situation », du réseau de santé dans sa forme actuelle, explique la Dre Johanne Elsener.

« Il faut voir où sont les faiblesses, les déficiences, pour avoir une liste de choses à faire. »

À Québec, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le CHU de Québec pourront déposer des demandes de financement, par exemple. Ces organisations sont conscientes des endroits où l’on retrouve des populations plus vulnérables aux changements climatiques.

« Il y a déjà des priorités établies pour les milieux  défavorisés, comme la Basse-Ville, Vanier et d’autres secteurs de la Ville », précise Mme Elsener.

Ce soutien gouvernemental s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale d’adaptation et du Plan d’action pour l’adaptation du gouvernement du Canada. De l’enveloppe, 13 M$ sont consacrés au programme ADAPTATIONSanté. Ces initiatives abordent les effets des changements climatiques sur la santé. Elles proposent ainsi des mesures pour protéger la population contre la chaleur accablante. 

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