Pour voyager à vélo : planification | 15 avril 2022 | Article par Alexandre St-Laurent

Crédit photo: Alexandre St-Laurent

Pour voyager à vélo : planification

Le mois passé, je vous ai parlé de quelques manières de se loger gratuitement en cyclotourisme, ainsi que de Darren Alff (Bicycle Touring Pro) qui a pour mission de vous aider à organiser vos propres aventures propulsées humainement. Cette fois, je veux vous donner un peu d'infos sur les outils de planification d'itinéraires.

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Commençons pas mon favori, Komoot.

Komoot

Planifier les grandes lignes d'un trajet sur Google Maps, ça va. Ça suffit pour avoir une idée des distances à parcourir et du nombre de jours nécessaires, par exemple.

Mais pour une planification détaillée, c'est loin d'être optimal.

En effet, Google ne tient pas trop compte des particularités du voyage à vélo. Il vous recommande donc parfois des routes... discutables : trop de trafic, autoroutes, etc. De plus, il ne permet pas de savoir aisément quelle est la surface de roulement (asphalte, gravier, etc.) des routes prévues. On peut utiliser Google Street View pour « observer » quelques segments de route, mais le processus est un peu laborieux.

Komoot règle ces problèmes. On y indique le type de sport pratiqué (vélo, marche, course à pied etc.), ainsi que notre niveau de compétence (débutant, intermédiaire, etc). On définit un point de départ et d'arrivée et le trajet créé est adapté selon ces données. Le profil d'élévation permet de choisir, entre plusieurs routes, celle qui comporte le moins de grosses montées. Ou le contraire, si on aime grimper.

On peut l'utiliser pour planifier des trajets partout dans le monde. Tant qu'une route est présente, qu'elle soit en terre battue, en bitume ou en béton, ça fonctionne.

Enfin, Komoot vous permet de consulter les itinéraires « publics » créés par d'autres utilisateurs. Pratique si vous voulez sauver du temps ou si vous manquez d'inspiration.

ACA

Vous projetez un périple au sud de la frontière? Le site de l'Adventure Cycling Association (ACA) est une mine d'informations sur les meilleurs itinéraires américains. Ceux-ci quadrillent le pays et offrent des cartes détaillées adaptées aux besoins des cyclistes. Leur très bonne application permet de connaître les services disponibles près des itinéraires ainsi que la météo actuelle (vents, précipitations, température, nébulosité). À noter : pour avoir accès à un maximum de détails, il faut payer pour obtenir les tracés. Ce qui n'empêche pas de consulter les itinéraires en mode « approximatif » pour s'inspirer.

Route verte

On peut s'enorgueillir, dans la belle province, d'avoir un réseau cyclable « inter-régional » assez développé, la Route verte. On oublie parfois l'ampleur de cette dernière. C'est impressionnant, 5300 km de chaussées désignées, de pistes « en site propre » et de routes de campagne à faible circulation! Le National Geographic a d'ailleurs reconnu, en 2010, sa grande valeur.

Sur le site web de la Route Verte, on trouve une cartographie interactive du réseau. On y trouve, entre autres, les côtes importantes et les hébergements « Bienvenue Cyclistes ». On trouve chez ces derniers des services appréciés des cyclistes, comme l'accès à des outils de base (pompe, clés hexagonales, etc).

Planificateur à contre-sens

Supposons que vous avez trois semaines de vacances en février 2023. Pas idéal pour partir en vélo? Oui et non. Certains (peu nombreux, c'est vrai) aiment rouler en hiver. Sinon, il est possible de voler vers le sud pour y assouvir sa passion du vélo.

Dans ce cas, vous vous demandez sûrement quelle sera la meilleure destination à cette période de l'année. Avec le planificateur à contre-sens, c'est facile. On indique le mois voulu et une carte du monde apparaît. Les pays portent différentes couleurs, selon le climat à ce moment. Dans mon exemple, février est un bon mois pour visiter Cuba et le Vietnam, qui sont classés « très favorables ». Par contre, c'est une période défavorable pour l'Allemagne et peu favorable pour la Turquie.

Enfin, en créant un compte, gratuit, on peut pousser l'idée un peu plus loin et créer des itinéraires sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ça permet de s'assurer que chaque étape du voyage se déroulera à un moment favorable ou très favorable, côté météo.

Québécois à vélo autour du globe!

Pour terminer, je m'en voudrais d'oublier le site ADN du vélo et, surtout, sa section Québécois à vélo autour du globe! Celle-ci regroupe de nombreux voyages de cyclotouristes québécois. Je vous recommande de le consulter pour trouver qui a déjà exploré la destination convoitée. Ainsi, vous pourrez consulter ses publications Facebook ou son journal de voyage (souvent hébergé sur crazyguyonabike, une autre source intéressante!). Inspiration et conseils pertinents sont au menu.

Mon dernier (et plus important) conseil : lancez-vous! Que ce soit pour deux jours dans Lotbinière ou trois mois autour du globe, le plus difficile, c'est le premier tour de roue. Après, ça roule (presque) tout seul.

Pour les curieuses et les curieux....

La photo d'entête présente une carte des knooppunten. Ce qui se traduit par « carte des points-noeuds ». C'est le système utilisé aux Pays-Bas pour faciliter la vie des cyclistes. Le principe général est le suivant : les principales intersections du réseau sont identifiées par un numéro. Pour planifier son trajet, on s'équipe d'un simple crayon et d'un bout de papier. On y note une série de knooppunten, en commençant par le plus près de notre position actuelle.

Pour s'orienter, il suffit de fixer la liste sur le dessus du guidon ou de la garder à portée de la main. À chaque intersection, munie d'un panneau, on peut confirmer à quel endroit (numéro) on se trouve. Puis, des flèches nous indiquent dans quelle direction aller pour trouver tel ou tel numéro. Bref, on prend en note la « recette » de notre itinéraire, puis on la suit. C'est pas sorcier!

Pour en savoir plus : https://www.velo-ravel.net/PN.html

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