Les mythes sur le vélo d’hiver

Oui, l'hiver s'en vient. L'an passé, je vous ai exposé mes raisons pour rouler à vélo l'hiver. Aujourd'hui, je m'attaque aux mythes que j'ai entendu le plus souvent. Pratiquant le nordicyclisme depuis plus de 13 ans, j'ai entendu bien des mythes sur le vélo d'hiver. Ceux-ci révèlent une profonde méconnaissance du sujet chez la plupart des gens.

Les mythes sur le vélo d’hiver | 24 septembre 2022 | Article par Alexandre St-Laurent

Crédit photo: Alexandre St-Laurent

Oui, l’hiver s’en vient. L’an passé, je vous ai exposé mes raisons pour rouler à vélo l’hiver. Aujourd’hui, je m’attaque aux mythes que j’ai entendu le plus souvent. Pratiquant le nordicyclisme depuis plus de 13 ans, j’ai entendu bien des mythes sur le vélo d’hiver. Ceux-ci révèlent une profonde méconnaissance du sujet chez la plupart des gens.

Prenez note que ce qui suit n’est, au final, que mon avis. Je ne prétends aucunement détenir la vérité absolue, seulement une expérience notable qui m’a enseigné quelques trucs et astuces.

1er mythe : « Rouler à vélo l’hiver?! Es-tu cinglé, il fait trop froid! »

C’est clairement la croyance que j’ai entendue le plus souvent. Selon certains, quiconque enfourche une bicyclette l’hiver récoltera des engelures. Pourtant, plusieurs sports hivernaux sont pratiqués au Québec, et leurs adeptes perdent rarement un orteil. De bons vêtements et, surtout, un peu de jugement vous aideront à rouler en toute quiétude.

Il faut savoir que le fait de pédaler réchauffe le corps. Après 4-5 minutes de pédalage, on peut même être en sueur si on a enfilé trop de vêtements. Mon truc? En mettre juste assez pour frissonner légèrement en sortant dehors. Ainsi, pas de surchauffe par la suite. Car c’est bien ça le réel « danger »: suer, s’arrêter de pédaler et laisser la sueur geler. Restez au sec, restez confortables!

Quels vêtements porter?

Essentiellement les mêmes que pour aller faire du ski de fond, si vous roulez avec une intensité moyenne ou forte. Si vous êtes particulièrement frileux et/ou roulez « pépère », les produits proposés dans les boutiques pour motoneigistes devraient vous inspirer. Une chose est certaine : les mains doivent être très bien protégées, tout comme les pieds et le visage. Pour ma part, j’utilise de grosses mitaines, des bottes de type Sorel et un passe-montagne doublé en laine polaire, lors des journées les plus glaciales. Pour le reste, faites des tests avant votre première expédition « polaire » et gardez le sourire. 🙂

2e mythe : « Ce n’est pas sécuritaire, je vais déraper et tomber »

Tout comme les voitures, les vélos peuvent changer de pneus selon les conditions météo. On peut donc troquer le pneu lisse pour un pneu bien cramponné qui mordra la neige. On peut même se procurer des pneus « à clous ». Ceux-ci sont munis de pointes de métal qui s’agrippent à la glace. Lors d’épisodes de verglas, alors que les piétons peinent à demeurer debout sur les trottoirs, je roule paisiblement sur un vélo munis de tels pneus.

Soyons clairs : ce n’est pas miraculeux. Si vous roulez « en fou » (accélérations brutales, freinages brusques, changements de direction à l’avenant), vous risquez quand même de tomber. Il faut adapter sa conduite aux conditions de la route. Comme tout conducteur de véhicule motorisé au cours de cette saison, d’ailleurs…

Bref, ceux qui découragent les gens de rouler à vélo en hiver en se basant sur ce mythe devraient tester les pneus à clous. Ainsi, ils se feraient leur propre opinion avant de dire n’importe quoi sur le sujet.

3e mythe : « Mon pauvre vélo : il va rouiller à force de rouler dans le sel de déglaçage! »

Ici, c’est un peu vrai : la corrosion menace plusieurs pièces de vélo lorsqu’on roule en hiver. Mais il y a des manières de contourner ce problème.

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Solution 1

Utiliser un vélo de basse qualité auquel on ne tient pas trop. L’utiliser pendant quelques hivers et s’en débarrasser. Ce n’est pas la solution la plus écoresponsable, il faut l’admettre. Mais ça demeure bien moins polluant que de rouler en voiture.

Solution 2

Employer un vélo de bonne qualité dont on nettoiera souvent la transmission (chaîne, plateaux, cassette), les freins et les jantes. Il faudra de plus prévoir le remplacement plus fréquent de certaines pièces (surtout la chaîne).

Solution 3

Choisir une monture adaptée à l’hiver. Par exemple, une bicyclette munie de vitesses intégrées dans le moyeu. C’est un peu plus dispendieux à l’achat, mais ça réduit de beaucoup les besoins d’entretien. Et c’est beaucoup moins coûteux que de rouler en voiture!

4e mythe : « Rouler à vélo l’hiver, ça prend trop de temps! »

En fait, se vêtir pour affronter l’hiver, ça prend du temps. Mais c’est le cas en vélo, en autobus ou en voiture. Je vous concède que ça prend peut-être 3-4 minutes de plus au cycliste qu’à l’automobiliste qui dispose d’un garage chauffé à domicile et à destination. Une poignée de privilégiés…

Mais le cycliste n’a généralement pas à pelleter pour sortir son vélo d’un banc de neige. (Ne le laissez pas se faire ensevelir, par pitié!) Et il n’a pas besoin de déplacer son véhicule lors des opérations de déneigement. Ce fait est d’ailleurs source de grande satisfaction, je vous le garantit!

Le trajet en vélo prend un peu plus de temps qu’en été. En effet, les pneus à clous, très adhérents, sont moins « roulants » que les pneus normaux. Bien des pistes cyclables – par exemple, le parc linéaire de la rivière Saint-Charles – sont peu accessibles, sauf aux adeptes du vélo à pneus surdimensionnés. Il faut donc adapter son trajet et ça peut l’allonger.

Enfin, le cycliste gagne en efficacité, puisque son déplacement peut remplacer, pour bien des gens, un entraînement au gym.

Donc, globalement, rouler en hiver ne fait pas perdre de temps. En plus, ça rend de bonne humeur. Ça vous fait passer pour un superhéros aux yeux de vos amis et collègues. Et à force de vous voir braver la blanche saison à vélo, ils comprendront que les mythes sur le vélo d’hiver n’ont pas lieu d’être.

5e mythe : « Mon cadenas va geler et je ne serai pas capable de l’ouvrir »

Ici, entretien et prévoyance devraient régler le problème. Premièrement, il est recommandé de lubrifier régulièrement la serrure du cadenas. Employez une huile légère, de préférence, pour ne pas encrasser le mécanisme.

Ensuite, le positionnement du cadenas est important. Il faut le placer de telle sorte que le trou de la serrure pointe vers le bas. Ainsi, l’eau et la neige ne s’y accumuleront pas.

Enfin, il est sage de se munir d’une petite bouteille de dégivreur à serrure – essentiellement, de l’alcool à friction! – afin de pouvoir s’en sortir si toutes les mesures précédentes venaient à échouer.

J’espère que vous comprenez bien, maintenant, que ces mythes sur le vélo d’hiver sont périmés. Et que vous participerez à faire évoluer les mentalités de votre entourage à ce sujet. Et, pourquoi pas, que vous déciderez, cette année, d’enfourcher votre monture au cours des quatre saisons!

Pour des conseils additionnels, visitez le site de Vélo Québec.

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