Projet de loi 2 : GRIS-Québec exprime ses inquiétudes | 2 novembre 2021 | Article par Monquartier

Crédit photo: Sharon McCutcheon - source : Pexels

Projet de loi 2 : GRIS-Québec exprime ses inquiétudes

En réaction au projet de loi 2 sur la réforme du droit de la famille, le conseil d'administration de l'organisme GRIS-Québec, installé dans Maizerets, exprime des inquiétudes dans la lettre ouverte suivante.

Publicité

Le conseil d’administration du GRIS-Québec souhaite exprimer ses inquiétudes concernant certains articles du projet de loi 2 portant sur la réforme du droit de famille en matière de filiation et modifiant le Code civil en matière de droits de la personnalité et d’état civil. Cette réforme porte atteinte aux communautés LGBTQIA2+, particulièrement aux communautés trans et intersexes.

Oeuvrant depuis 1997 dans la Capitale-Nationale, le GRIS-Québec a pour mission de sensibiliser et d’informer la population à propos des réalités de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres. Nous avons des services destinés à la jeunesse, au milieu scolaire et à la population en général. Une partie importante des personnes auprès de qui nous travaillons sera directement heurtée par le projet de loi 2.

Comme tout membre de la société québécoise, les personnes trans et intersexes ont le droit à leur vie privée et à leur bien-être physique et mental. En effet, certains articles du projet de loi 2 suggèrent une seule manière pour accéder au changement de la mention de sexe sur les documents officiels, soit celle d’apporter des changements permanents au corps qui ne sont pas nécessaires pour le bien-être identitaire des personnes trans et intersexes. De plus, une personne trans ou intersexe, dont la mention de sexe sur ses documents officiels est indéterminée ou ne concorde pas avec son identité de genre, se voit contrainte à un dévoilement forcé à chaque moment où elle doit présenter ses documents officiels, ce qui représente une atteinte à la vie privée.

« Jour après jour, un élève à la fois, nous déconstruisons les préjugés et démystifions les réalités des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre afin de bâtir un Québec plus juste et plus égalitaire. Si ce projet de loi était adopté dans sa forme actuelle, cela aura pour effet de cristalliser l’un des préjugés les plus tenaces envers les personnes trans à savoir que seuls les organes génitaux déterminent le sexe d’une personne.

Or, il y a de multiples raisons pour lesquelles une personne trans choisit de ne pas recourir à la chirurgie à commencer par les risques et les complications postopératoires qui y sont associés ainsi que l’incertitude quant à l’apparence esthétique des organes génitaux reconstruits.

Il s’agit donc d’une décision éminemment complexe et profondément intime. Nous croyons que les personnes trans ont le droit de prendre cette décision sans subir de pressions extérieures et à plus forte raison, lorsqu’elle est le fait de l’État », déclare Mylène Carrier, présidente de GRIS-Québec.

Le conseil d’administration du GRIS-Québec souhaite montrer son soutien aux divers organismes qui défendent, entre autres, les droits des communautés trans et intersexes.

Le conseil d’administration du GRIS-Québec

En savoir plus sur...