Mobilisation citoyenne pour des solutions sanitaires et solidaires pas policières | 18 janvier 2021 | Article par Monquartier

Crédit photo: Gracieuseté

Mobilisation citoyenne pour des solutions sanitaires et solidaires pas policières

Une mobilisation citoyenne a donné lieu vendredi matin à l’accrochage de bannières dans différents quartiers pour dénoncer les conséquences du couvre-feu sur différents groupes sociaux et demander des mesures sanitaires solidaires. Les organisatrices de cette action ont rédigé le texte suivant.

Des bannières sur lesquelles on peut lire notamment « Solutions sanitaires et solidaires, pas policières » ont été accrochées sur plusieurs artères principales de la ville de Québec [vendredi] matin. Cette initiative est l’œuvre de citoyennes féministes qui s’indignent devant la mise en place de mesures policières pour répondre à la crise sanitaire. Elles estiment que l’imposition du couvre-feu, alors que certains milieux de travail demeurent ouverts à la discrétion des entreprises, est un choix politique motivé par des considérations économiques et politiques. Selon elles, le couvre-feu porte gravement atteinte aux droits et libertés fondamentales, en plus de fragiliser la situation des plus vulnérables. Elles rappellent que le couvre-feu, qui se traduit par une augmentation du contrôle social par la police, n’est pas justifié par des fondements scientifiques, comme le reconnaissait le Dr Arruda lui-même le 6 janvier dernier.

Publicité

Les organisatrices jugent que le couvre-feu renforce les inégalités sociales :

« Les personnes qui ont pensé à ça, elles sont visiblement libres de leur temps, elles n’ont pas d’impératifs en soirée, pas d’épicerie à faire, pas de longs trajets d’autobus pour s’y rendre, elles ne vivent pas dans des petits appartements bondés ».

Au-delà du droit de circuler librement, ces citoyennes dénoncent des atteintes au droit à la santé physique et mentale, à la sécurité et à l’intégrité. L’impact du couvre-feu est disproportionné entre les personnes qui peuvent profiter d’une cour ou d’un balcon et les autres qui n’ont aucun accès privé à l’extérieur. Les organismes de soutien aux locataires et aux personnes itinérantes ont d’ailleurs dénoncé les conséquences catastrophiques du couvre-feu pour les personnes mal logées ou sans abri.

La situation est aussi inquiétante pour les femmes victimes de violence : « Les femmes qui ne sont pas encore rendues à quitter leur domicile pour aller chercher de l’aide, elles doivent pouvoir sortir quand elles en ont besoin ».

Plus généralement, le poids du télétravail et des obligations familiales sur la population en général est tel que la santé mentale et physique de nombreuses personnes dépend d’un libre accès à l’espace public extérieur. Les personnes qui ne bénéficient pas d’un horaire de travail flexible feront aussi les frais de l’achalandage dans les commerces essentiels aux heures de pointe, une source de stress supplémentaire dans leur quotidien.

Les organisatrices de l’action de visibilité expliquent qu’elles ont toujours respecté les mesures sanitaires parce qu’elles comprennent l’importance de protéger les personnes les plus à risque.

« Mais le couvre-feu, ça n’a aucun sens! On a le droit de sortir après 20 h pour promener son chien, mais pas pour endormir son bébé en crise, ou parce que ça nous permet de maintenir notre équilibre mental? »

Les citoyennes dénoncent le stress et la peur induits par cette mesure et rappellent que même quand on a l’autorisation de circuler pendant le couvre-feu, la perspective d’un contrôle policier peut être anxiogène, particulièrement pour les personnes à risque de profilage.

Par cette action, les citoyennes demandent au gouvernement de mettre en place des mesures sanitaires et solidaires qui redonnent du pouvoir à la population, en particulier aux personnes marginalisées ou exclues, qui respectent les droits et libertés et qui suscitent l’adhésion parce qu’elles sont fondées sur des pratiques probantes en santé publique.

Les organisatrices de l’action citoyenne d’accrochage de bannières