Le RTC veut réduire la charge mentale des personnes à mobilité réduite | 13 juillet 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Dans le cadre du projet SAMI, le président du RTC, Remy Normand et la coordinatrice à l’accompagnement clientèle au RTC, Dannia Henriquez, présentent le bus dans les locaux du centre d'information au 820, Ernest-Gagnon.

Le RTC veut réduire la charge mentale des personnes à mobilité réduite

Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) met en place un nouveau service d'accompagnement en mobilité intégrée (SAMI). Un peu comme un studio de cinéma, la reproduction d'un bus en taille réelle va permettre aux usagers  de s'y familiariser. Installé sur l'avenue Ernest-Gagnon, le centre et le dispositif SAMI s'adressent aux aînés, aux nouveaux arrivants, personnes handicapées et à mobilité réduite, aux écoles ainsi qu'aux entreprises.

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Le centre d'information du RTC déménage

Auparavant au 720 rue des Rocailles, le centre d'information du RTC déménage au 820, avenue Ernest-Gagnon. C'est à cette adresse qu'il sera désormais possible de récupérer les objets perdus. Selon le président du RTC, Rémy Normand, ce déménagement s'aligne sur la reconfiguration du réseau de transport, avec l'arrivée du tramway.

Plus qu'un centre d'information classique, il est possible d'y réaliser des mises en situation et donc de s'habituer aux infrastructures de transport, en les testant. On y retrouve ­:

  • un autobus avec une rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite et un support à vélo à l’avant;
  •  un abribus et un panneau d’arrêt;
  • un vélo à assistance électrique et un ancrage àVélo;
  • des postes informatiques en libre-service pour la planification des trajets;
  • des écrans d’information;
  • une salle pour la formation et la tenue de groupes de discussion;
  • des formations sur les outils d’information numérique, dont les applications Nomade temps réel, RTC Nomade paiement et àVélo.

L'espace serait aménagé pour répondre à tous les besoins des personnes à mobilité réduite, selon les informations de la coordonnatrice à l’accompagnement clientèle au RTC, Dannia Henriquez. Il n'y a pas de coût pour la clientèle régulière du RTC. En revanche, un tarif sera appliqué aux entreprises afin d'y accéder. Pour bénéficier de cet accompagnement, il est nécessaire de contacter le service du RTC afin de planifier une visite ou obtenir une formation théorique.

Gérer la charge mentale du transport et diminuer le stress

Pour les personnes à mobilité réduite ou avec un handicap, l'accès à un transport fiable et accessible est un enjeu majeur. Celui-ci fait toujours l'objet de craintes, car le transport reste une charge mentale dans le travail de planification, de sécurisation et de choix des itinéraires, souvent limité. Aussi, avec un chien d'assistance, les taxis peuvent se montrer peu coopératifs et refuser ou éviter les clients qui se présentent.

Bien qu'un service dédié à cette clientèle existe, le transport en commun régulier permet plus de possibilités horaires. Jean Michel Bernier, président du regroupement des organismes de personnes handicapées de la région, explique que des personnes à mobilité réduite ou avec un handicap pourront maintenant démystifier le transport en commun.

Vue de l'intérieur du bus mis à disposition des usagers pour la mise en situation. À gauche, la coordinatrice du service à la clientèle, Dannia Henriquez.

Concrètement, pour une personne à mobilité réduite ou avec un handicap, il est nécessaire de planifier les déplacements la veille. Elle doit se plier aux heures limites de réservation du Service de transport adapté (STAC). Ainsi, Jean Michel Bernier explique que d'avoir des sessions d'entraînements au transport en commun permet de se pratiquer et d'habituer les animaux d'assistance.

Planification, trajet jusqu'au bus, zones d'arrêt, entrée et sortie du bus : tous ces éléments nécessitent une adaptation. En entrevue, le président du regroupement des organismes de personnes handicapées de la région raconte comment, par exemple, un chien d'assistance comme le sien, Tempête, a besoin de temps pour apprendre à se déplacer dans un bus. Le bruit est ici aussi un enjeu important pour le chien d'assistance, avant que le milieu du bus devienne un espace contrôlé.

La saison hivernale, une « saison infernale » pour la mobilité

Selon les lignes, les trajets en bus ne sont toujours que partiellement accessibles aux personnes avec un handicap ou à mobilité réduite. Même avec un trajet accessible par bus, il est nécessaire que les voies pour y accéder soient praticables. Animateur à CKIA FM et activiste, Michel Bédard et Jean Michel Bernier témoignent de la difficulté d'accès au transport en commun l'hiver. Jean Michel Bernier se souvient même avoir failli tomber, un hiver, sous le bus au vu des enjeux de neige et l'espace entre le bus et le trottoir.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire. La volonté est là, mais ça prend aussi des parcours, des arrêts accessibles. Ça prend un travail entre la Ville de Québec et le RTC. »

Au-delà de la nécessité pour les autorités compétentes d'assurer des parcours et transports adaptés, les citoyens peuvent être d'une aide précieuse. Se familiariser aux enjeux des personnes à mobilité réduite peut être une bonne pratique, mais aussi éviter de laisser ses poubelles au milieu de la rue ou les meubles à jeter, de déménagements, qui bloquent le passage. Michel Bédard et Jean Michel Bernier ont tous deux déploré ces pratiques peu inclusives, surtout en période de déménagement.