La chaîne de vélo, cette grande négligée | 25 juin 2021 | Article par Alexandre St-Laurent

Crédit photo: Alexandre St-Laurent

La chaîne de vélo, cette grande négligée

Pour rouler, le cycliste appuie sur les pédales. Mais ce mouvement serait bien vain sans chaîne. D'une certaine manière, elle est comme le système sanguin humain. Tout comme les artères du corps humain, lorsqu'on la laisse s'encrasser, on nuit à la santé du vélo.

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Avertissement

Je décris ici une méthode pour entretenir votre monture « de tous les jours ». Cela convient à la majorité des cyclistes. Ceux qui veulent une chaîne ultra propre et shinny trouveront, sur une plateforme bien connue de diffusion de vidéos, les informations nécessaires.

Étape 1: Évaluer l'usure

Avant d'entretenir une chaîne, vaut mieux évaluer si elle est usée. Si c'est le cas, l'entretien est superflu : il faut remplacer la chaîne par une neuve.

Le frottement des diverses parties d'une chaîne (maillons, rivets) avec le(s) plateau(x) et les pignons use la chaîne. Si celle-ci est sale, l'usure est plus rapide. Le sable, entre autres, agit comme du papier… sablé! S'ensuit la dégradation prématurée de la transmission (plateau et pignons), des pièces relativement dispendieuses (beaucoup moins que celles d'une voiture, mais quand même).

Bref, pour minimiser les frais, prendre soin de la chaîne, c'est pas du luxe. Mais comment savoir s'il est temps de changer cette pièce? Voilà une excellente question.

Divers outils destinés à cet usage sont disponibles dans les magasins de vélo. Celui illustré dans cet article fait très bien le travail. Lors de l'achat, s'informer sur l'utilisation de l'outil, qui varie d'un modèle à l'autre.

Votre chaîne doit être changée? Il est possible de faire le changement soi-même, à l'aide d'un dérive-chaîne ou en « ouvrant » celle-ci au niveau d'un maillon-maître. Mais il n'y a pas de honte à confier la  tâche à un mécano près de chez vous.

Étape 2 : Nettoyer et lubrifier sans se casser la tête

À mon avis, l'erreur la plus commune, ici, est la sur-lubrification. NON, votre chaîne n'a pas besoin de baigner dans l'huile.

Voici ma méthode. Par expérience, elle est très efficace pour le temps consacré.

Je lubrifie seulement la chaîne après avoir roulé sous la pluie : une demi-heure d'averse intense, par exemple.

Avant d'appliquer le lubrifiant, j'essuie la chaîne avec un chiffon (truc écolo : réutiliser un vieux t-shirt de coton). Ça absorbe une bonne partie de l'eau et nettoie, grosso modo, l'extérieur de la chaîne. J'en profite pour nettoyer les galets (petites roulettes dentées) du dérailleur arrière.

Pour l'application, je dépose une goutte sur chaque maillon qui semble rouillé. Je la dépose sur le côté supérieur de la chaîne lorsque celle-ci se trouve au plus bas de sa course entre la roue arrière et le pédalier. Ainsi, lorsque je fais tourner la chaîne, l'huile n'est pas expulsée par effet centrifuge.

Donc, après l'application, je fais tourner la chaîne en pédalant à reculons, pour quelques tours. Ceci répartit le lubrifiant sur chaque rivet.

Étape 3 : On s'essuie et on recommence... à essuyer!

Une fois que l'huile a bien pénétré la chaîne, il est temps d'enlever l'excédent avec un chiffon. On essuie donc à nouveau la chaîne. Mais pourquoi? En fait, l'huile qui se trouve à l'extérieur de la chaîne n’est pas utile. C’est celle à l’intérieur qui garde les maillons mobiles, ce qui est le but premier de la lubrification.

L'huile à l'extérieur de la chaîne attire et retient la poussière, le sable et les saletés et forme une pâte noire bien salissante : le cambouis. On n'en veut pas! C'est pourquoi on essuie une deuxième fois : ça limite de beaucoup l'accumulation de cette substance abrasive qui accélère l'usure de la chaîne.