Canopée : des milliers d'arbres pourraient verdir Québec | 17 novembre 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Crédit photo: Jean Cazes

Canopée : des milliers d'arbres pourraient verdir Québec

Un nombre conséquent d'arbres pourraient être plantés pour atteindre les 35 % de canopée visés par la Ville. L’Association forestière des deux rives a obtenu 15 000 $ de la caisse Desjardins afin de déminéraliser des terrains privés. Le projet, appuyé par le G15+, est étalé sur trois ans.

Bien que le projet soit en développement, une douzaine d'OBNL, la Ville de Québec et des acteurs de la santé ont une signé une lettre d'appui, selon les informations transmises par l'Association forestière des deux rives (AF2R).

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« Remplacer des infrastructures grises »

Contacté par Monquartier.quebec, le chargé de projets en verdissement et éducation de l’AF2R, Robert Liveanu, a répondu à nos questions.

L'équipe de l'AF2R cherche des solutions à la minéralisation de nos espaces urbains. L'organisme envisage ici la plantation, la distribution d’arbres ainsi que la déminéralisation des aires de stationnement ou des cours asphaltées.

L'équipe du CHU et de l'AF2R lors de la plantation d'arbres à l'Hôpital Saint-Sacrement
L'équipe du CHU et de l'AF2R lors de la plantation d'arbres à l'Hôpital Saint-Sacrement.
Crédit photo: Gracieuseté

« On pense aux grands espaces vides comme les autoroutes comme un grand potentiel », remarque Robert Liveanu.

Dans le dernier rapport du G15+, dont l'AF2R fait partie, on peut lire : « cette minéralisation (routes, stationnements, trottoirs, bâtiments, cours d’école) cause aussi de graves problèmes de qualité des ressources en eau, accentue l’importance des épisodes d’inondations, et amplifie l’intensité des îlots de chaleur. »

Le but est principalement de reboiser des terrains privés, avec la collaboration des propriétaires. En effet, la Ville ne détient qu'une partie des infrastructures, ce qui constituerait une contrainte pour le verdissement.

Augmenter la canopée des quartiers

Robert Liveanu rappelle la Ville de Québec souhaite atteindre les 35 % de canopée d'ici 2027. L'indice de canopée est actuellement de 31 %, avec un recul de 1 % cette année.

L’indice de canopée est une mesure qui identifie la proportion d'arbres dans un espace donné. Une vue satellitaire calcule la place des arbres dans un espace, en se concentrant sur la cime des arbres. Selon la Ville de Québec, « l’indice de canopée est un indicateur reconnu pour exprimer l’importance de la forêt urbaine dans une ville et conséquemment sur la qualité de vie ».

« On va prioriser les quartiers qui ont moins de canopée. Ça veut dire plus de potentiel de verdissement, d’espaces vert, donc plus de potentiel de déminéralisation. On veut faire ça équitablement par quartier », explique Robert Liveanu.

La canopée d'un quartier en centre-ville tourne autour de 15 % et « au niveau de la couronne, ça va être de 40 %-45 % », ajoute Robert Liveanu. Selon l'AF2R, la Ville module ses cibles de verdissement par quartier en prenant en compte l'indice de canopée.

Dans ce projet, l'AF2R privilégierait les quartiers populaires qui profitent moins des mesures de verdissement.

« Les milieux socio-économiques défavorisés, qui ont très souvent un faible indice de canopée, seront priorisés afin que ceux-ci puissent profiter de cette mobilisation », affirme le dernier rapport du G15+.

Des modèles à New York et Montréal

Le défi du projet est de joindre et convaincre des partenaires privés pour reverdir des terrains. Si l'on pense aux propriétaires immobiliers ou aux entreprises, le cadre règlementaire de la Ville détermine le nombre d'arbres et d'espaces verts.

« Ça évolue constamment », reconnaît Robert Liveanu avant d'ajouter qu'il y a « beaucoup de trous dans le règlement » et souvent « ils ne font pas plus que le minimum requis légalement ».

Le projet aurait donc tout un volet d'accompagnement et de sensibilisation.

Ailleurs, l'expérience s'est déjà produite comme à New York, avec le projet MillionTrees NYC en 2016-2017. Sur le million d'arbres plantés, 300 000 l'ont été sur des terrains privés. Robert Liveanu souligne que le projet a été un « gros défi de concertation », que ce soit dans la promotion au public ou aux promoteurs.

« À Montréal, il y a un projet similaire avec le 375e anniversaire. C'est une initiative qui vise à planter 375 000 arbres », note Robert Liveanu.

Diminuer les effets des îlots de chaleur grâce aux arbres

Afin de réaliser le projet, l'AF2R compte sur la collaboration de futurs partenaires privés et de la Ville. Pour l'organisme, ce projet serait un moyen d'améliorer la qualité de vie des citoyen.ne.s. Il vise d'ailleurs leur participation au projet.

« On espère une différence dans le verdissement de leur quartier, moins d’asphalte et plus de verdure. On espère tous les bénéfices qui découlent de ça comme la diminution de l’effet d’îlot de chaleur, une amélioration de la qualité de l’air. Aussi, on espère un sentiment d’appartenance à son quartier. »

Pour l'instant, les lieux de plantation ainsi que les partenaires et les budgets ne sont pas définis. Néanmoins, l'organisme espère amorcer le projet l'année prochaine.

En collaboration avec le G15+

Fondé pendant la pandémie, le G15+ regroupe 15 leaders régionaux souhaitant proposer des solutions pour un  Québec « plus prospère, plus solidaire, plus vert et plus résilient ». Parmi eux, on retrouve Accès transports viables, l’Association forestière des deux rives, la Caisse d'économie solidaire Desjardins ou encore la SDC Montcalm - Quartier des Arts.

Publié le 15 septembre 2021, le dernier mémoire rassemble plusieurs projets d’économie solidaire mais aussi des projets d’aménagement. Parmi eux, une initiative de plusieurs milliers de dollars, comprenant du montage du matériel de sensibilisation, en plus de 7 projets d’aménagements dont celui porté par l'AF2R.

Lire aussi : Le CHU ajoute 62 arbres et arbustes dans Saint-Sacrement et Agrile du frêne: une soixantaine d'arbres abattus le long de la Saint-Charles 

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