Le bénévolat au temps de la COVID | 23 mars 2021 | Article par Julie Rheaume

En matière de bénévolat, certains services restent interrompus. Les visites aux aînés, par exemple, sont toujours remplacées par des appels téléphoniques d’amitié.

Crédit photo: Pexels/Matthias Zomer

Le bénévolat au temps de la COVID

La crise de la COVID-19 qui sévit au Québec depuis un an a changé bien des choses. Qu’en est-il du bénévolat? Malgré les difficultés reliées à la pandémie et la morosité ambiante, la situation sanitaire semble avoir donné aux gens le goût de s’impliquer. Monquartier a discuté des impacts de la COVID-19 sur le bénévolat avec la directrice générale du Centre d’action bénévole de Québec (CABQ), Catherine Montour.

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La crise sanitaire « a changé bien des choses (…). On s’est retrouvé à avoir une gestion de bénévole différente. On s’occupe de jumeler des organismes avec des personnes intéressées à faire du bénévolat. On rencontre les bénévoles pour voir leur profil, ce qu’ils veulent faire. On leur trouve l’endroit qui convient le mieux (…). On a vraiment arrêté tout ça: les rencontres », explique Catherine Montour, directrice générale du CABQ. La ressource discute désormais avec les bénévoles potentiels par téléphone.

Au printemps 2020, les autorités gouvernementales avaient incité les gens à faire du bénévolat, raconte Mme Montour. Dans les médias, certains organismes avaient aussi indiqué qu’ils manquaient de bras. Les gens ont donc répondu à l’appel et ont offert leurs services en grand nombre.

« On s’est retrouvé avec une liste de 4000 noms de personnes intéressées qui voulaient faire du bénévolat, qui voulaient aider. Ç’a été génial. Les gens ont été super généreux dans la région. Ç’a été comme ça dans toutes la province. Ça a été un bel élan du cœur, de tous. On s’est mis à travailler avec nos collègues du Centre d’action bénévole Aide 23 (CAB Aide 23), qui est à Beauport, et le Centre d’action bénévole du Contrefort (CABC), qui est à Charlesbourg. On a relié nos forces ensemble pour gérer cette nouvelle manne de bénévoles », raconte Mme Montour.

Bouleversements

Plusieurs personnes se retrouvaient en arrêt de travail ou en pause forcée en raison de la pandémie et avaient du temps à donner. « Malheureusement, on n’a pas réussi à placer tout ce beau monde.. De l’autre côté, pour les organismes, ç’a été beaucoup plus difficile. Il y a beaucoup de services ont été arrêtés. Encore aujourd’hui, il y a beaucoup de services qui ne sont pas revenus. Il y a eu beaucoup d’adaptation de leur part, ne serait-ce que perdre des employés, perdre certains services », explique Catherine Montour.

Actuellement, quelque 3500 personnes sont inscrites au Centre d’action bénévole de Québec afin d’être éventuellement jumelées à des organismes. Celles-ci seront ultimement contactées par le CABQ à savoir si elles sont toujours disponibles et intéressées par le bénévolat. « Beaucoup de gens sont retournés au travail et ont moins de disponibilité », fait remarquer Mme Montour.

Au début de la crise, des organismes avaient perdu des bénévoles, surtout des personnes plus âgées. On se rappelle que les autorités recommandaient aux gens de 70 ans et plus de limiter leurs sorties et de rester à la maison, raconte la DG.

De nombreux organismes ont dû réorganiser leurs services et faire preuve de créativité, situation sanitaire oblige. Par exemple, certains qui remplissaient les déclarations de revenus de leur clientèle sans frais ont finalement proposé ce service en ligne. D’autres ont dû apprivoiser les outils de visioconférence par Zoom alors que ceux qui faisaient du transport ont adapté leurs véhicules en fonction des consignes sanitaires, énumère Mme Montour.

Malgré certains assouplissements aux consignes, certains services restent interrompus. Les visites aux aînés, par exemple, sont toujours remplacées par des appels téléphoniques d’amitié, dit la directrice générale.

« C’est une autre façon de rejoindre les gens, mais le contact humain est de plus en plus criant. Au niveau de la santé mentale, on a énormément de besoins », déplore-t-elle.

Plus de jeunes

Hors-pandémie, les bénévoles recrutés par le Centre sont généralement retraités ou issus de l’immigration. Toutefois, dans la dernière année, plus de jeunes adultes y ont offert leurs services. Des parents ont même téléphoné à la ressource afin de faire faire du bénévolat à leurs adolescents, raconte Catherine Montour!

« Je pense que le profil (des bénévoles) a changé dans la dernière année. Il s’est rajeuni un peu. C’est dur de faire des conclusions… C’est sûr qu’il y a beaucoup plus d’aînés, de retraités et pré-retraités disponibles en ce moment, des gens qui ont plus de temps et qui auraient envie de faire bénéficier de leur expertise. Beaucoup de ces gens nous ont contacté, même pour venir travailler avec nous au Centre d’action bénévole, mais aussi dans les organisations. C’est une belle source de connaissances. Pour moi, ce sont des sages. On a besoin de ces gens-là car ils ont un apport encore très important (à fournir) dans notre société (…). Il y a aussi des jeunes adultes qui ont envie de s’investir, qui ont peut-être envie de développer certaines compétences pour des emplois futurs », raconte Mme Montour.

« Il y a une volonté d’aller chercher des gens plus jeunes », dit-elle. Le CABQ brasse d’ailleurs des choses à cet effet. On nous promet une annonce au printemps.

« C’est comme si cette pandémie avait sollicité l’envie d’aider et on est dans une ère où les gens veulent continuer », conclut la directrice générale Catherine Montour.

Mission

Le Centre d’action bénévole de Québec (CABQ) est un organisme à but non lucratif implanté dans la grande région de Québec depuis 1976. Depuis sa création, la promotion du bénévolat est au centre de ses activités. Il offre différents services à ses organismes membres et agit sur l’ensemble du territoire de la Capitale-Nationale.

Composée d’administrateurs, de permanents et de bénévoles, l’équipe du CABQ agit selon quatre volets : soutien aux organismes communautaires; soutien aux bénévoles; soutien à la communauté et reconnaissance et la promotion de l’action bénévole.