Tanya dans les médias | 30 avril 2020 | Article par Tanya Beaumont

Crédit photo: Gracieuseté

Tanya dans les médias

En temps normal, nous serions en pleine Semaine de la presse et des médias : un événement qui, pour sa seconde année, du 27 avril au 3 mai, devait être « l’occasion pour le public de comprendre le travail des journalistes, tout en découvrant quel est le rôle des médias dans la société ». Monquartier avait prévu des textes en marge de cet événement, qui a été annulé, les mesures sanitaires en vigueur empêchant la tenue des activités prévues. Qu’à cela ne tienne, voici un premier texte par Tanya Beaumont, même si elle hésite à se dire journaliste…

Je ne sais pas à quel moment je suis devenue chroniqueuse, animatrice, journaliste culturelle. Pour éviter la multiplication des virgules, je résume mon métier en productrice de contenu multiplateforme. Si ce titre est bon pour mon CV ou pour mon profil LinkedIn, ça ne dit pas grand-chose aux gens qui me posent la question : qu’est-ce que tu fais dans la vie?

Pour l’instant, je suis plutôt animatrice télé, pour l’émission LeZarts à MAtv Québec.
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Actuellement, c’est le seul titre que j’assume véritablement. À la base, je suis une animatrice radio. Pour l’instant, je n’anime dans aucune radio. Je suis plutôt animatrice télé, pour l’émission LeZarts à MAtv Québec. Même si ça fait déjà quatre ans, on dirait que ce n’est pas la première chose qui me vient en tête quand on me demande où je travaille… Des fois, je me dis pigiste. Je suis journaliste culturelle pigiste? Je n’ai jamais osé endosser le titre de journaliste à 100 %. Au final, je touche un peu à tout et j’aime ça.

À travers les différents contrats, bien sûr, j’écris. Puisqu’il le faut. Les opportunités de tapoter le clavier n’ont jamais été aussi grandes. J’ai commencé ici, par Monsaintroch. Puis Monsaintsauveur et Monmontcalm. Une fois pour Monlimoilou. C’est faux! J’ai eu un contrat de rédaction pour Pages Jaunes en 2006. J’ai écrit aussi pour Bazzart, le Journal Ensemble, Le Carrefour de Québec, presque pour Le canal auditif (désolée, Louis-Philippe!), Balle Courbe… Et chaque fois, dieu que c’est dur!!

Je peux animer deux heures à la radio avec quatre mots écrits sur une feuille devant moi. Je n’ai aucun carton de notes pour faire mes entrevues à la télé… mais quand vient le temps d’écrire, ce n’est pas la page blanche qui me fait peur, mais plutôt la page noircie! Pourquoi la syntaxe d’une phrase devient-elle aussi complexe? Pourquoi j’ai l’impression de n’utiliser que le verbe être? Pourquoi Antidote me rappelle que la plupart de mes expressions préférées sont des anglicismes, moi qui aimais tant « le dernier droit »? Je peux passer des heures sur un texte qui prendra deux minutes à lire. Et partez-moi pas sur les titres… C’est si dur de trouver un bon titre! Je salue le travail de tous les réviseur( e)s qui ont repassé sur mes textes, avant publication, pour donner leur donner la touche finale.

Le confinement nous oblige à nous tourner de plus en plus vers nos ordinateurs. Il faut bien lâcher l’écran du téléphone un peu (les optométristes feront des affaires d’or après la crise)! Les gens écoutent, regardent, lisent. On peut écouter distraitement, on peut regarder sans vraiment voir, mais pour lire, il faut une certaine concentration. Si on lit, c’est qu’on veut vraiment. Mon média préféré d’entre tous, c’est la radio. J’aime tellement ça, la radio, c’est pas possible! Informative, intime, divertissante, réconfortante, légère à produire… et éphémère. On travaille très fort pour livrer un contenu de qualité, mais comme on dit… fallait être là! Oui, oui, il y a les balados de rattrapage… Dans une conférence sur la radio, j’ai déjà entendu ceci : « L’audio ne sera jamais viral. » C’est malheureusement assez vrai. Les écrits, eux, restent.

Peu importe la forme, c’est le contenu qui est roi. Il y a une surabondance de textes sur tous les sujets inimaginables sur internet. Est-ce que chaque lecture est pertinente pour autant? Non. Ce n’est pas parce qu’on écrit des mots qu’on dit quelque chose. Je rage souvent après avoir lu un texte, en réalisant que que malgré les 800 mots enlignés, il n’y avait aucun contenu. Pas d’information, pas d’émotion. Je ne retiens qu’une chose : j’ai perdu mon temps. Alors si je m’entête à écrire malgré tout, c’est au nom de la diffusion du contenu.

Je déteste écrire au je. Je préfère de loin le nous, même si je suis la seule derrière. Bizarrement, j’ai écrit ce texte d’un trait. Je n’en tire aucune conclusion… J’aimerais terminer sur une grande phrase éloquente, une finale inspirante ou une chute épique… mais vous savez, j’ai ben de la misère à écrire!

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