Retrouvons notre nature! | 22 avril 2020 | Article par Monquartier

« Un cœur vert équarri, épinglé à notre poitrine et affiché partout. Tel le “Z” de Zorro, ce cœur vert sert à marquer nos actions et nos revendications. Il fait écho au rond vert de nos enfants qui prennent la rue depuis plus d’un an. » – Mères au front

Crédit photo: Mères au front

Retrouvons notre nature!

Les Mères au front de Québec comptent des mères et grands-mères, dont des résidentes de nos quartiers, préoccupées par l’urgence climatique. Souhaitant que la fête des Mères, le 10 mai, donne lieu à des initiatives citoyennes motivées par le désir d’agir sur différents fronts pour protéger l’avenir des enfants, elles signent la lettre ouverte qui suit dans le cadre du Jour de la Terre (22 avril).

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Depuis maintenant quelques semaines, nous avons mis nos vies « normales » sur pause, le temps de gérer la crise sanitaire causée par la Covid-19. Confiné-es chez nous, nos habitudes et nos besoins ont complètement changé en l’espace de quelques jours. Nous vivons des incertitudes, des angoisses, des deuils. Nous nous remettons également en question et nous interrogeons sur « l’après Covid ».

Pendant que nous sommes confiné-es, la nature elle, revit, reprend la place que nous lui avons volée. La pollution a fléchi avec le ralentissement des usines, la diminution du transport terrestre et du trafic aérien. Les eaux de Venise sont plus claires. Pour la première fois depuis 30 ans, les Indiens ont pu voir l’Himalaya. Les habitants de Shanghai ont de nouveau des ciels bleus.

Si cette crise est si difficile à vivre, c’est parce que nous ne l’avons pas assez bien préparée. Nos gouvernements n’ont pas écouté les avertissements des scientifiques qui estimaient important de se préparer à une éventuelle pandémie.

Depuis des semaines, nous mettons notre confiance entre les mains de la science, nous suivons les directives de nos gouvernements et nous acceptons les mesures ambitieuses, drastiques, souvent difficiles, parce que nous sommes confiants que ces décisions sont prises pour assurer notre sécurité.

Or, une autre crise se déroule, sous nos yeux, lentement, mais surement : la crise climatique, accompagnée du déclin de la biodiversité. Celles-là, nous en sommes avertis et depuis longtemps. Les conséquences sont mêmes déjà visibles et ressenties.

Aujourd’hui nous prenons soin de nos aîné-es. Demain, au sortir de la crise, pensons au futur de nos enfants, de nos jeunes qui actuellement répondent aux besoins essentiels dans les supermarchés, ces jeunes qui, depuis plus d’un an, descendent dans les rues pour demander, eux aussi, un futur, une sécurité.

Nous avons une opportunité unique, celle de relancer notre société et notre économie sur des bases sociales, éthiques, environnementales, solidaires. Protéger nos milieux naturels, limiter drastiquement notre utilisation des énergies fossiles, recycler les travailleurs de cette industrie sans avenir, favoriser une transition vers des énergies plus propres, revoir notre consommation abusive, restreindre l’usage de produits toxiques en agriculture, encourager les économies locales, la mobilité durable, tous ces points devraient être intégrés à notre grille de réflexion au moment où nous vivons tous sur pause.

Le 22 avril, c’est le Jour de la Terre. Faisons preuve d’ambition et de résilience : faisons en sorte que chaque jour soit le jour de la Terre.

Santé, courage, et résilience.

Julie Durot, Julie Gravel-Richard, Catherine Boivin, Vanessa Viera, Julie Moffet, Mère(s) au front pour Éléonore, Jasmine, Victor, Augustin, Marine, Clément, Adrien, Charles et Arthur.
https://meresaufront.org/