Le projet de rues piétonnes suscite des réactions | 15 mai 2020 | Article par Amélie Légaré

Crédit photo: Jean Cazes

Le projet de rues piétonnes suscite des réactions

La Ville de Québec annonçait ce matin que l’avenue Cartier et la rue Saint-Jean seront fermées à la circulation automobile les fins de semaine à compter de demain, jusqu’à la fin de l’été. Ce projet de piétonnisation, proposé récemment aux sociétés de développement commercial (SDC) ou aux associations de commerçants concernées, suscite des questionnements au sujet des autres artères du centre-ville.

Parmi les sept SDC et associations de gens d’affaires approchées, trois se sont montrées favorables à fermer la circulation sur leur artère commerciale dès samedi, dont la SDC Montcalm. Le maire Régis Labeaume précise que les objectifs sont de favoriser l’économie des rues marchandes et de répondre aux besoins des résidents qui souhaitent sortir et marcher. Ainsi, la Ville ne ferme pas la porte à étendre la piétonnisation en semaine lors de la période des vacances. « On laisse le choix aux marchands, mais on est très ouverts », affirme-t-il.

L’avenue Cartier piétonne les fins de semaine

Bien que d’autres rues pourraient s’ajouter prochainement, l’avenue Cartier devient donc piétonne les samedis et dimanches de 9 h à 19 h pour la période estivale. Selon le directeur général de la SDC Montcalm, il y avait déjà une importante affluence sur cette artère au cours des fins de semaine pour justifier la mise en place dès demain.

« Cela devenait difficile de maintenir des mesures sanitaires de distanciation physique. Plusieurs citoyens et clients nous ont fait part d’un sentiment d’insécurité. Avec la solution de rue piétonne, on croit que cela permettra à davantage de personnes de pouvoir circuler dans le secteur, particulièrement avec les beaux jours. »

Des groupes de citoyens se mobilisent

Suite à cette annonce, deux groupes de citoyens ont vu le jour cet après-midi sur Facebook: Pour une 3e Avenue cyclo-piétonne et Pour une rue Saint-Joseph cyclo-piétonne. L’instigateur du groupe pour la 3e Avenue, le designer urbain Simon Parent, réclame que les citoyens soient consultés dans le processus. Le résident de Limoilou voit cette opportunité comme une chance de faire un essai et d’en tirer des conclusions.

« C’est une décision qui devrait revenir aux gens du quartier. C’est particulier parce qu’on sait que partout dans le monde, il y a des démonstrations qui ont été faites que quand les rues sont piétonnisées, il y a une hausse de l’achalandage dans les commerces. Je pense que dans une situation comme celle-ci, tout le monde serait gagnant de transformer la rue. »

Enjeux opérationnels pour la Basse-Ville

Les autres artères pourraient emboîter le pas éventuellement, mais les SDC nous rappellent que la réalité diffère d’un quartier à l’autre. Pour la rue Saint-Vallier, cela signifie de dévier la circulation automobile et les autobus, en plus de de trouver des solutions pour les livraisons qui sont en augmentation.  La directrice générale de la SDC Saint-Sauveur, Marylou Boulianne, prévoit tout de même consulter les commerçants au moment opportun et travailler des propositions pour répondre à la demande.

« On a des enjeux opérationnels différents dans le sens de la gestion des livraisons, l’accessibilité à un commerce important, comme par exemple la clinique médicale. Parfois, c’est plus facile ou moins facile pour certaines artères et ça prend un peu plus de temps », indique-t-elle. « L’important, c’est la sécurité de la clientèle. »

La situation est semblable pour la rue Saint-Joseph. Selon la directrice générale Alexandra Leconte, la SDC St-Roch souhaite prendre le temps d’avertir tous les commerçants avant de prendre une telle décision.

« Il y a des réalités différentes, des commerces différents, à l’est, à l’ouest, au centre sur la rue Saint-Joseph. On ne veut pas faire quelque chose qui va plaire à seulement une partie. On veut que ce soit fédérateur, c’est important de faire la piétonnisation sur tout Saint-Joseph. […] On voulait se donner le temps; si on essaie quelque chose au mauvais moment, de la mauvaise façon, ça n’aura pas les résultats escomptés. On pense aussi à l’expérience des piétons. »

La SDC prend le pouls des résidents notamment sur les réseaux sociaux où elle exerce une veille. « On veut répondre aux besoins et aux intérêts des résidents, qui sont une grande partie de notre clientèle », souligne Alexandra Leconte. « Ça va se décider assez vite », assure-t-elle.

Aménagements pour les restaurants

Au moment de cette annonce, le maire Régis Labeaume a également confirmé l’intention de la Ville de favoriser l’extension des terrasses sur les artères. « Par exemple, la rue Cartier pourra avoir des terrasses extensionnées sur les places de stationnement. […] Une fois que les rues sont fermées, on est prêts à aller très loin. Quand elles ne sont pas fermées, si c’est le choix qu’ils font, il faut que les voitures circulent. » Le maire se dit même ouvert à fermer la circulation sur ces artères pour tout l’été au besoin, vu le le contexte de distanciation sociale et le besoin des restaurateurs. Dossier à suivre au cours des prochaines semaines.