COVID-19 : « On est en train de l’échapper d’aplomb », craint le maire de Québec | 21 septembre 2020 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Ville de Québec - image tirée de la vidéo (YouTube)

COVID-19 : « On est en train de l’échapper d’aplomb », craint le maire de Québec

En réaction aux derniers points de presse des autorités provinciales, qui placent le territoire de la Ville de Québec en zone orange et notent l’arrivée d’une deuxième vague dans la pandémie de la COVID-19, le maire Régis Labeaume en appelle à un retour à la vigilance.

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La ville de Québec arrivait en tête du palmarès provincial samedi puis en seconde place dimanche quant au nombre d’infections per capita, a répété Régis Labeaume en conférence de presse cet après-midi.

« J’aime ça qu’on soit en haut de la liste, mais là on est les premiers parce qu’on est les pires. […] Honnêtement, je pense qu’on est en train de l’échapper d’aplomb. Je pense que si ça continue, on s’en va vers le rouge, et on s’en va dans le mur. »

Le maire de Québec s’est défendu d’être alarmiste, estimant qu’il est « juste de s’inquiéter ». Il s’est dit inquiet notamment qu’une éclosion touche une école primaire de Vanier au point d’en forcer la fermeture. Citant une quarantaine de foyers d’éclosions, il a souligné que la COVID-19 n’est pas seulement l’apannage des CHSLD mais « court dans la communauté ».

« La posture mentale qu’il faut qu’on retrouve, c’est celle de l’état de vigilance. […] Si on n’est pas vigilant, on est négligent. […] Ça ne veut pas dire de rester chez soi. Ça veut dire qu’on recommence à faire ce qu’on faisait. On continue à fréquenter les commerces et les restaurants. On fait attention et on porte le masque. On se lave les mains. On suit les règles des autorités de la santé publique. »

Opération OSCAR

Dans le cadre de l’Opération systématisée comportements à risque (OSCAR), mise en place la fin de semaine dernière, le Service de police de la ville de Québec (SPVQ) collabore avec le CNESST, la Santé publique et la Régie des alcools, des courses et des jeux. C’est 235 établissements licenciés qui ont été visités au cours de la fin de semaine. Des avertissements ont été émis à 47 personnes qui négligeaient d’observer les mesures de distanciation, le port du masque lors des déplacements à l’intérieur, etc. Six rapports d’infraction générale ont également été émis, à des établissements qui ne s’étaient pas conformés aux mesures sanitaires après avertissements préalables.

Le SPVQ a reçu 45 appels de la population. Des fêtes d’étudiants rassemblant plus d’une vingtaine de jeunes dans une résidence privée ou encore de 50 à 60 personnes en extérieur ont été visitées.

Répercussions économiques

Le maire de Québec a évoqué les répercussions économiques potentielles d’une deuxième vague. Ces prochains mois, alors que l’exercice financier des institutions bancaires canadiennes se terminera au 31 octobre, on verra encore les résultats de la première, a-t-il illustré. Il a rappelé les emplois perdus que des milliers de personnes n’ont pas retrouvés à ce jour et la fin de la prestation canadienne d’urgence.

Questionné à savoir si la Ville de Québec disposait d’outils pour offrir du soutien pour faire face à la deuxième vague, il a répondu par la négative : « Tout ce qu’on pouvait faire, on l’a fait à la première vague. […] Le sac à magie est vide. »

Quant aux « nouveaux gourous » dont il dénonce les incitations à la négligence, Régis Labeaume estime qu’une certaine tribune médiatique peut contribuer à l’emprise de leur discours :

« Peut-être qu’il y a des médias qui en parlent. Faudrait que j’écoute la radio peut-être. […] Il y a des propriétaires qui font de l’argent avec ça, c’est la vie. On appelle ça le capitalisme… l’économie libérale. »