Aide alimentaire: les organismes s’adaptent à la COVID-19 | 19 mai 2020 | Article par Véronique Demers

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Aide alimentaire: les organismes s’adaptent à la COVID-19

Après avoir été sollicités sans précédent dans les premières semaines de la pandémie, pour assurer une sécurité alimentaire auprès des personnes fragilisées et des gens en attente des fonds d’urgence du gouvernement fédéral, les organismes en aide alimentaire ont poursuivi leur mission, bonifiée et avec des pratiques modifiées en raison de la COVID-19.

Depuis la mise en place de son fonds d’urgence, le 18 mars, Centraide a versé 1,1 M$ à 57 organismes dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, comme le Projet Intervention Prostitution de Québec (PIPQ), le Service d’entraide Basse-Ville, Moisson Québec et le Pignon Bleu.

« La moitié des sommes du fonds d’urgence est allée dans l’aide alimentaire, surtout pendant les 4 à 6 premières semaines (de la pandémie). Ensuite, on a élargi l’appui financier à d’autres services, comme le soutien psychosocial, les frais d’hygiène, de déplacement, l’équipement, etc. », indique Nancy Charland, vice-présidente au développement social chez Centraide Québec et Chaudière-Appalaches.

Le fonds d’urgence de Centraide, distribué aux organismes pendant la crise de la COVID-19, correspond à près de 10 % du montant annuel amassé lors de la campagne annuelle de l’organisation, s’élevant à 15,6 M$. Le Pignon Bleu, organisme du quartier Saint-Sauveur qui assure la sécurité alimentaire auprès des enfants et familles défavorisées, a reçu 25 000$ via ce fonds d’urgence.

Livraisons à l’école et à la maison

Ayant repris son service d’aide alimentaire en milieu scolaire depuis lundi, le Pignon Bleu doit continuer à s’adapter, puisque seulement une partie des élèves sont de retour à l’école, les autres étant restés à la maison. L’organisme veut bien planifier sa production pour éviter le gaspillage alimentaire, mais aussi nourrir les élèves restés à la maison.

« C’est dommage que notre restaurant populaire sur Saint-Vallier (dédié aux enfants, sur l’heure du midi) n’a pas eu le feu vert pour rouvrir les portes. On s’est organisés rapidement pour livrer des boîtes à lunch froides en milieu scolaire », a souligné Roseline Roussel, directrice générale du Pignon Bleu.

Ainsi, 6000 enfants répartis dans 15 écoles primaires (13 issues de la Commission scolaire de la Capitale et 2 de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries) bénéficient à nouveau de collations-déjeuners du Pignon Bleu pendant la journée. Quant aux enfants restés à la maison, ceux-ci ne sont pas oubliés. Le Pignon Bleu collabore avec le Port de Québec pour la livraison de repas à domicile.

Campagne de financement

À la Société de Saint-Vincent de Paul (SSVP), comptant 36 conférences dans la Ville de Québec, une collecte de fonds spéciale a été mise en place, pour répondre aux besoins des personnes vulnérables.

« On ne reçoit pas d’aide gouvernementale; on est financés par la population. Notre objectif est d’amasser 50 000$. On est bien conscients du fait que les gens ne sont pas trop fortunés en ce moment, mais on garde le cap », affirme Chantal Godin, directrice générale de la SSVP, pour les régions de Québec et Chaudière-Appalaches.

Au début de la pandémie, les conférences ont fermé pendant deux semaines, mais ont donné des bons alimentaires. La distribution alimentaire en sacs de provision s’est ensuite poursuivie, et même au siège social de la SSVP, qui a transformé son stationnement en point de service d’urgence.

« Jusqu’à la fin avril, on offrait un service d’urgence trois fois par semaine. Depuis le début mai, on continue le service, mais à deux fois par semaine. […] L’aide alimentaire qu’on a fournie pendant la crise représente une hausse de 10% de plus qu’en temps normal », évalue Mme Godin. Depuis la mi-mars, plus de 4000 personnes ont bénéficié du soutien de la SSVP sous forme de bons alimentaires ou de sacs de provisions, ce qui équivaut à plus de 100 000$.