Qualité de l’air dans les quartiers centraux : un premier bilan | 26 février 2019 | Article par Baptiste Piguet

Dr François Desbiens, directeur de la santé publique (DSP), CIUSSS Capitale-Nationale; Suzanne Verreault, membre du comité exécutif responsable du dossier environnement, conseillère municipale du district Limoilou; Régis Labeaume, maire de Québec; Dre Isabelle Goupil-Sormany, adjointe médicale au DSP et coordonnatrice de l’équipe santé et environnement, CIUSSS Capitale-Nationale; Daniel Busque, analyste de la qualité de l’air, ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques.

Crédit photo: Baptiste Piguet

Qualité de l’air dans les quartiers centraux : un premier bilan

La Ville de Québec a dévoilé aujourd’hui, 26 février, le premier bilan de l’enquête sur la qualité de l’air dans Limoilou, la Basse-Ville, Vanier, le Vieux-Québec et Cap-aux-Diamants–Colline parlementaire. Il s’agit de la première étape d’un projet plus vaste, Mon environnement, ma santé, qui vise l’étude de l’impact de l’environnement sur la santé dans les quartiers Limoilou, Vanier et la Basse-Ville, vers des pistes d’action pour améliorer la santé de la population.

Amélioration mais persistance des particules fines

Selon l’enquête, la qualité de l’air dans le secteur s’est améliorée de façon significative. Concernant les particules lourdes, il n’y a plus que des dépassements à court terme et ils sont moins nombreux. Mais le problème persiste quant aux particules fines. Celles-ci sont les plus dangereuses, car elles pénètrent le plus profondément dans l’appareil respiratoire.

Les émissions de particules fines, même si elles sont en diminution, restent la principale préoccupation de la Direction de santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale. Dans certains cas, elles sont supérieures aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le secteur de Limoilou et de la Basse-Ville. Selon le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques, « les concentrations en particules fines à la station Québec-Vieux-Limoilou sont parmi les plus élevées des milieux urbains du Québec ».

« L’air n’est pas parfaitement pur, il y a encore du travail à faire. Le travail n’est pas terminé pour nous et les différents gouvernements », a indiqué le maire de Québec Régis Labeaume. Son administration y travaille, a-t-il souligné en évoquant l’amélioration de l’incinérateur, le verdissement des quartiers, le projet de transport structurant, la question du Port de Québec.

Les poêles à bois au banc des accusés?

Pour l’administration de la Ville, les poêles à bois semblent être la source des particules fines.

« Pour le problème des particules fines, tout amène à penser que la source pourrait être les poêles à bois […] Il y a 50 000 poêles à bois à Québec, dont 40 000 qui ne respectent pas les normes. Il faut trouver une solution. Comment aider les personnes qui ont des poêles non performants ? Comment les aider à changer leur poêle? », a lancé le maire de Québec.

« Les industries respectent les normes, c’est une chose qu’on peut vérifier. […] Je suis très fier de nos équipements à l’incinérateur. En 2018, il n’y a eu aucun dépassement, sauf en CO (dioxyde de carbone). La Ville agit, il faut reconnaître l’effort », a-t-il ajouté.

Questionné sur la responsabilité du Port sur la qualité de l’air a été soulevée, Régis Labeaume a répondu : « J’appuie le projet de l’agrandissement du port, car c’est un projet qui va améliorer la santé ». Il a demandé à la presse d’attendre de voir le projet qui devrait être dévoilé d’ici peu.

…et le 3e lien?

Sur le troisième lien et les risques pour la santé, le maire de Québec n’a pas voulu se prononcer. Pours sa part, Suzanne Verreault, membre du comité exécutif responsable du dossier environnement et conseillère municipale du district Limoilou, a répondu :

« Je suis défavorable à ce projet. Il va venir détruire les efforts faits dans ce secteur en matière de santé. C’est un projet incohérent. »

La Dre Isabelle Goupil-Sormany, adjointe médicale à la Direction de santé publique et coordonnatrice de l’équipe santé et environnement au CIUSSS Capitale-Nationale, a ajouté : « L’auto solo n’est jamais une bonne idée en matière de santé. » À plusieurs reprises en conférence de presse, elle a rappelé :

« La qualité de l’air est liée à plusieurs facteurs, mais les trois principaux sont le transport, les industries et les installations de chauffage. »