Trois murs légaux pour le graffiti dans la Cité-Limoilou | 31 janvier 2018 | Article par Céline Fabriès

Crédit photo: Suzie Genest

Trois murs légaux pour le graffiti dans la Cité-Limoilou

Après 12 ans sans murs légaux pour le graffiti, la Ville de Québec a décidé d’en implanter trois au printemps dans La Cité-Limoilou pour un projet pilote dans le cadre de son plan de gestion de graffiti 2017-2020 qui intègre plusieurs mesures.

Les lieux envisagés, sous réserve d’autorisation municipale, l’îlot fleurie sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, le skateparc du parc Victoria (Saint-Roch) et le parc Dollard-Des Ormeaux (Saint-Sauveur) ont été choisis parce qu’ils disposent de murs intégrant tous les critères pour du graffiti légal.

« Ces trois murs respectent tous les critères : visibilité, accessibilité, dimension importante, surface avec du béton, éloigné des propriétés privées, murs permanents », mentionne Véronique Pressé, conseillère en culture, loisirs et vie communautaire à la Ville de Québec.

Selon Véronique Pressé, les villes qui ont implanté des murs légaux sur leur territoire ont vu une diminution des graffitis illégaux. À Gatineau, les tagueurs ont à leur disposition 50 murs pour s’exprimer dans 29 lieux différents, dont trois tunnels permanents et des murs temporaires sur des structures de bois.

La Ville de Québec pour l’instant privilégie les murs permanents et envisage d’en implanter d’autres selon les résultats du projet pilote.

Les graffiteurs nous disent qu’ils ne vont pas utiliser les murs temporaires, ils sont faits pour le petit gars du coin de la rue qui va avoir le goût d’essayer, confie Véronique Pressé. La Ville veut donner une réponse aux graffiteurs pour enrayer la problématique et donner une image positive de cet art.

Un plan de gestion audacieux pour éliminer les graffitis

Entre 2016 et 2017, les surfaces recouvertes de graffiti dans l’arrondissement de La Cité-Limoilou sont passées de 77 338 pieds carrés à 88 487 pieds carrés, soit une augmentation de 13 %. Même si l’augmentation n’a été que de 0,3 %, le quartier Saint-Roch arrive en tête de liste des quartiers privilégiés par les tagueurs avec 25 011 pieds carrés. Manquant de place dans Saint-Roch, les tagueurs se sont déplacés dans le Vieux-Limoilou engendrant une forte augmentation des graffiti avec 57 %. Par contre, Saint-Sauveur et Montcalm ont connu des baisses de 19 % et 30 %.

« La baisse dans Montcalm s’explique par de nombreuses interventions de Graff’Cité et par des propriétaires qui habitent les résidences. Cette présence implique une sensibilisation plus grande pour nettoyer les graffitis », souligne Véronique Pressé.

Parmi les mesures du plan de gestion des graffitis, la Ville souhaite mettre en place un service en ligne pour signaler les graffitis sur les équipements de la Ville. Pour l’instant, il faut appeler le 311 pour les signalements.

La Ville de Québec souhaite également promouvoir l’aménagement urbain en distribuant gratuitement des vignes et des lierres aux citoyens qui désirent couvrir les zones à risque de leur propriété.

Enfin, les propriétaires peuvent faire appel gratuitement à l’organisme Gaff’Cité pour nettoyer les graffitis. Une trousse de nettoyage gratuite est également disponible dans certains commerces. Une garantie de 20 $ est demandée.