Acceptabilité sociale : un forum pour se retrousser les manches | 18 février 2018 | Article par Viviane Asselin

Le Forum sur l’acceptabilité sociale vise à offrir un espace d’échanges, en terrain neutre, afin d’améliorer les pratiques en matière de consultation.

Crédit photo: Jean Cazes

Acceptabilité sociale : un forum pour se retrousser les manches

Le scénario est connu : un promoteur vient, en présence d’élus, exposer son projet aux citoyens, et l’exercice finit par ressembler à un dialogue de sourds. Mais s’il existait des façons plus heureuses de s’y prendre, pour concilier les intérêts de chacun dans le développement des communautés ? C’est la question que lance Votepour.ca avec son Forum sur l’acceptabilité sociale où, le 13 mars prochain à l’Université Laval, des acteurs de tout horizon partageront expériences et perspectives pour améliorer les pratiques.

Que l’on soit promoteur, élu, décideur, citoyen, chacun porte un regard différent sur l’acceptabilité d’un projet. Le défi, c’est de s’entendre, voire de se comprendre. On le voit, ou on l’a vu, avec des projets comme la tour de 18 étages à Limoilou, le Programme particulier d’urbanisme (PPU) pour l’entrée de ville — Saint-Roch, l’ancien Centre Durocher à Saint-Sauveur, l’îlot Esso dans Montcalm.

Aussi le Forum sur l’acceptabilité sociale vise-t-il précisément à offrir cet espace d’échanges, en terrain neutre, qui permettra de faire le tour des différents points de vue sur le sujet à la faveur de conférences, de panels et d’ateliers thématiques. « Tout le monde est bienvenu si tout le monde se respecte », indique Marc Jeannotte, cofondateur de Votepour.ca.

Car il y aura débat. On ira gratter le bobo avec « des questions un peu rough », admet le coorganisateur. Est-ce que l’acceptabilité sociale est un frein au développement ? Se résume-t-elle à un exercice de relations publiques ? Est-il vraiment possible de concilier intérêts privés et intérêts des collectivités ? Les communautés devraient-elles avoir droit de veto ?

L’idée est de faire réagir, de faire réfléchir et, peut-être, d’en arriver en fin de journée avec un certain consensus entre les différentes postures de pensée. « Ce serait beau ! » imagine Marc Jeannotte qui, demeurant toutefois terre-à-terre, voit avant tout le Forum comme un événement médiateur.

Au programme

Cet événement médiateur s’ouvrira avec une allocution de la ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil, qui présentera les principes directeurs du Cadre de référence sur la participation publique, adopté en mai dernier par le gouvernement.

Par la suite, ils seront 10 conférenciers et panélistes, experts tantôt en développement urbain, tantôt en pratiques publiques innovantes, tantôt encore en participation citoyenne et économie collaborative ; au fil de la journée, ils débattront sur les différents paramètres de l’acceptabilité sociale, sur les conditions gagnantes pour générer celle-ci et sur les bonnes pratiques à adopter. Leurs interventions s’enrichiront d’ateliers thématiques destinés aux participants inscrits au Forum.

La conférence de clôture sera consacrée à un projet inspirant — et dont s’inspirer — en matière d’acceptabilité sociale : le nouveau complexe hospitalier du CHU de Québec, un exemple de mobilisation de tous les acteurs concernés. Après un début de journée où les échanges s’annoncent costauds, la finale promet d’être rassembleuse, prédit Marc Jeannotte.

Pour un changement démocratique

Le cofondateur de Votepour.ca ne rêve pas pour autant en couleur. L’historique en matière d’acceptabilité sociale a pu effriter la confiance de certains, exacerber le cynisme d’autres, miner les prétentions de transparence d’autres encore. Mais, témoin d’exemples inspirants — dont quelques-uns seront abordés lors du Forum —, Marc Jeannotte choisit d’être optimiste : l’heure n’est pas à jeter les gants, mais à se retrousser les manches.

« Je vois l’acceptabilité sociale comme une notion de changement démocratique. À mon avis, on est en train de tendre vers des façons de faire plus constructives », conclut-il en invitant professionnels municipaux, représentants d’institutions publiques, promoteurs, membres de conseils de quartier, citoyens et autres curieux à faire le plein de bonnes pratiques en s’inscrivant au Forum.

Le Forum sur l’acceptabilité sociale se tiendra le mardi 13 mars à l’Université Laval, de 8 h à 17 h, suivi d’un 5 à 8 en formule vernissage, avec l’exposition de cas positifs d’acceptabilité sociale. Inscription obligatoire : Forum sur l’acceptabilité sociale.