Une densification urbaine dans des zones agricoles

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Les 61 500 nouveaux ménages prévus sur le territoire de l’agglomération d’ici 2041 ont été revus à la baisse dans la nouvelle mouture du projet de schéma d’aménagement et de développement (SAD) prévu sur 20 ans au lieu de 30 ans. Entre 2016-2036, l’Institut de statistique du Québec (ISQ) prévoit l’installation de 28 167 nouveaux ménages.

Mais malgré cette baisse, l’administration Labeaume ne déroge pas à sa volonté d’augmenter le périmètre d’urbanisation en développant des projets immobiliers sur des terres agricoles situées à Bourg-Royal et Saint-Augustin-de-Desmaures.La conseillère municipale responsable de l’aménagement du territoire, Julie Lemieux, justifie cette décision entre autres par un flux migratoire négatif. En effet environ 500 ménages par année quittent Québec pour s’installer en périphérie comme La-Jacques-Cartier et Sainte-Brigitte-de-Laval. « On veut retenir ces jeunes-là à Québec », affirme Julie Lemieux.De plus, ces familles veulent habiter dans des maisons ou duplex et selon le rapport du projet du SAD, il manquera environ 1 000 résidences de ce genre d’ici les 20 prochaines années dans le périmètre d’urbanisation actuel. « Si on ne donne pas cette offre-là, ces gens-là vont aller ailleurs. Et ce qu’on souhaite, c’est les retenir ici », poursuit Julie Lemieux.

Une solution de dernier recours pour l’opposition

Pour les élus de Démocratie Québec, les terres des Sœurs de la Charité « ne devraient pas être sacrifiées d’entrée de jeu ». Selon Anne Guérette, cette zone agricole devrait « être soustraite à toute modification de zonage et à l’ajout d’usages incompatibles avec la vocation agricole ».L’opposition n’est pas d’accord non plus avec les chiffres du rapport sur le manque d’espace à l’intérieur du périmètre urbain actuel. « Plusieurs secteurs pourraient être plus densifiés » d’après Démocratie Québec, comme le long des lignes Métrobus.Le conseiller municipal de Sillery, Paul Shoiry, propose « de revitaliser les écoquartiers d’origine qui offrent une mixité des services, des commerces et des résidences, ce qui permettra de densifier le territoire, de freiner l’étalement urbain et de favoriser les transports actifs et collectifs ».

Une nouvelle façon de vivre

Régis Labeaume ne partage pas du tout la vision de l’opposition : « Au centre-ville, il y a un autre genre d’habitation. » Mais les jeunes familles « veulent un terrain » à un moment donné tout en vivant « près du centre-ville ». Pour le maire de Québec, si on ne permet pas à cette clientèle-là d’habiter près du centre-ville, « ils vont étaler et ils ne le feront pas par choix ».Le rapport explique d’ailleurs qu’il serait plus économique pour les jeunes familles d’habiter près du centre-ville. Des chercheurs de l’Université Laval ont démontré que les dépenses moindres en transport viennent compenser le coût supérieur des logements dans l’agglomération.Une installation à Bourg-Royal et Saint-Augsutin-de-Desmaures aurait également des impacts positifs sur les gaz à effet de serre.

Une guerre des chiffres ?

Pour la seconde version du SAD, le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire a demandé à la Ville de Québec d’utiliser les chiffres de 2014 de l’ISQ comme toutes les municipalités du Québec au lieu des chiffres basés sur la création du SRB.Mais le maire de Québec croit que dans deux ans, les chiffres de l’ISQ seront sensiblement les mêmes que ceux présentés il y a un an avec le SRB. « On pense que nos chiffres avec le SRB sont encore les bons chiffres. […] C’est juste là, on nous demande de nous baser sur 20 ans au lieu de 30 ans », affirme Régis Labeaume.Des séances d’information auront lieu le 9 mai au Club social Victoria et le 11 mai au Bureau d’arrondissement de Sainte-Foy à 19 h. Des auditions des opinions sont aussi prévues le 13 juin au Centre communautaire Monseigneur Marcoux de 13 h 30 à 19 h et les 15 juin à 19 h et 16 juin à 9 h au Bureau d’arrondissement de Sainte-Foy.