L’humain dans les coulisses de SPOT | 18 août 2017 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: SPOT 2017

L’humain dans les coulisses de SPOT

Une troisième Sympathique place ouverte à tous clôturera sa saison le samedi 26 août. Monquartier a rencontré son coordonnateur général François Bail pour s’entretenir des dessous de SPOT et d’avenir.

L’éphémère récurrent

Tandis que les places éphémères bourgeonnaient cet été à Québec, François Bail songeait à la pérennité de l’initiative des finissants et étudiants de l’École d’architecture de l’Université Laval. En 2015, dans le stationnement de l’ancien Lépine-Cloutier, leurs installations étaient plus rudimentaires, mais ils étaient chargés à bloc. Stimulés par des initiatives vues ailleurs, ils allaient en créer une première pour Québec… C’était l’année où EXMURO arts publics développait la première Plaza Limoilou; on avait vu auparavant des interventions à plus petite échelle, du Collectif Le Banc (Atelier Le Banc) notamment.

Les étudiants profitent généralement des mois de juin, juillet et août pour travailler et renflouer leur budget. Ceux de SPOT 2015 les ont consacrés bénévolement à la réalisation des aménagements, la programmation et la logistique des activités, les communications, la gestion quotidienne du site. En 2017, forts de l’expérience et des compétences acquises, ils étaient moins prêts à tout porter comme bénévoles, avec les responsabilités et risques associés. Tout sur le site est à la charge de SPOT, jusqu’aux toilettes chimiques et à la surveillance nocturne. Advenant un déficit, les étudiants devraient le combler de leurs poches. Ils assument aussi les conséquences des décisions dictées par un budget serré. François Bail illustre :

On a eu des vols la nuit, les surveillants n’étaient pas des gardiens professionnels, on n’en avait pas les moyens.

Le financement, pour l’avenir, les inquiète. L’attrait de la nouveauté, de l’unicité passé, la campagne 2017 sur La Ruche n’a pas atteint sa cible. François Bail le souligne, SPOT a le privilège d’avoir les appuis de plusieurs partenaires et commanditaires. Néanmoins, les gratuités et tarifs réduits sont dans certains cas assortis d’attentes pour la suite, auxquelles SPOT peut difficilement répondre.

Un milieu humain

Les humains de SPOT, ce sont aussi les architectes des firmes participantes qui s’investissent à fond. Aider la relève, redonner au milieu fait partie du code de déontologie de la profession, sujette à certains mythes populaires déboulonnés par François Bail :

C’est un métier noble. Les architectes ont vraiment à cœur le bien des gens, des humains dans les milieux de vie. Ils redonnent à la communauté. Et ce n’est pas si payant qu’on croit, à moins d’être un associé. L’architecte moyen arrive bien loin derrière le médecin. Le plombier gagne plus!

Leur formation, explique-t-il, sensibilise de plus en plus aux aspects humains, aux besoins des gens qui habiteront les immeubles. Ces enjeux sont complexes, et l’expertise d’autres disciplines intervient dans l’enseignement comme dans la recherche en architecture. Une école de pensée s’attarde davantage aux aspects formel, conceptuel, à l’expérimentation; une autre, aux humains et au milieu. Cette année particulièrement, SPOT a puisé aux deux sources, partant de la thématique de l’agriculture urbaine, avec sa dimension écologique, pour imaginer les aménagements à l’Îlot des Palais.

Vers la sympathique ville ouverte à tous?

En 2018, quel pourrait être le prochain quartier visité par SPOT ? Limoilou?  Vanier ? Lebourgneuf?

On ne pourrait pas vraiment faire ça à Beauport ou Charlesbourg. Limoilou, oui. Ce sont les tissus urbains de qualité qui génèrent un milieu de qualité. […] SPOT a des valeurs durables, de proximité, veut faire apprécier les milieux denses et le potentiel qu’ils ont d’être agréables. Aller trop en périphérie, ce serait contradictoire.

Les initiatives comme SPOT influenceront-elles l’avenir de nos villes, nos quartiers? François Bail le croit. On se soucie de plus en plus de ce que les bâtiments et aménagements apportent à la rue, à la ville, constate-t-il. Une nouvelle cuvée de finissants et étudiants sera-t-elle d’attaque, et disposera-t-elle des moyens, pour relever en 2018 le défi de SPOT? Quelles places éphémères de l’été 2017 reviendront, se pérenniseront ?

Les courants passent. Les humains restent. Dans les coulisses de SPOT – et d’autres initiatives apparentées – se trouvent peut-être les humains qui rendront bientôt nos rues, nos villes, plus ouvertes et sympathiques à tous.

La Fermeture de SPOT le samedi 26 août met en vedette Tous Azimuts, Beat Sexü, Blaze Velluto et Bad Dylan. Le dimanche 27 août, des éléments des aménagements mis en vente, que l’on peut déjà voir et réserver, seront écoulés lors d’un Grand Bazar. D’ici là, un sondage par Votepour.ca invite la population à se prononcer sur l’édition 2017 de SPOT.