Le tramway, « une hypothèse sérieuse » | 18 décembre 2017 | Article par Céline Fabriès

Crédit photo: Céline Fabriès

Le tramway, « une hypothèse sérieuse »

Proposition phare de Démocratie Québec pendant la campagne électorale, le tramway est redevenu « une hypothèse sérieuse » après avoir été mis sur la voie de garage par Régis Labeaume et le gouvernement Couillard dans le passé. Ravi du revirement du maire Labeaume, Démocratie Québec lui offre sa collaboration, tandis que Québec 21 dénonce un manque de transparence.

Avec l’annonce du gouvernement Couillard favorable à un tramway à Québec, il est clair maintenant pour le maire de Québec que le futur mode de transport sera fort probablement un tramway. Régis Labeaume a réitéré cette « hypothèse sérieuse » lundi, lors du point de presse d’avant conseil. « On a beaucoup d’informations, ce qui va nous permettre d’aller plus vite », a-t-il affirmé.

Rappelons que le ministre des Transports, André Fortin, a donné carte blanche au maire de Québec pour son projet de réseau de transport structurant. « Ces décisions appartiennent aux villes, que ce soit Québec ou ailleurs. Nous, on n’a pas de préjugé plus favorable pour un mode de transport ou un autre. On veut attendre de voir ce que le maire va mettre sur la table », a déclaré le ministre au Soleil mercredi dernier.

Le tracé revu

Ravi de la nouvelle position du maire de Québec, Démocratie Québec a offert sa collaboration à l’administration Labeaume, mais à condition que le tracé soit celui proposé par le parti lors de la campagne électorale, c’est-à-dire en Haute-Ville, entre le pôle d’échange de Sainte-Foy et le pôle d’échange de Saint-Roch.

« On reste sur la position d’un tracé en Haute-Ville, parce qu’il s’agit du trajet le plus achalandé, Démocratie Québec n’appuiera pas un tracé sur Charest comme le défunt SRB », a prévenu le porte-parole de Démocratie Québec pour le transport, Christophe Navel, lors d’un point de presse lundi en début d’après-midi.

Démocratie Québec souhaite également bonifier son projet de départ. « Ce n’est pas le tout au tramway. Nous avons mis de l’avant des principes forts importants, c’est-à-dire des pôles d’échange, des express dans les voies nord-sud, un redéploiement des métrobus et un ajout dans des axes est-ouest », a souligné le conseiller municipal de Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau. « C’est une vision qui touche tous les citoyens de Québec, les gens des banlieues et également une interaction avec la Rive-Sud », a martelé Jean Rousseau.

Régis Labeaume a répondu favorablement à l’offre de collaboration de Démocratie Québec. « Si monsieur Rousseau a des idées, si c’est sérieux, qu’il vienne me voir dans mon bureau. » En ce qui concerne le tracé, le maire de Québec semble également rejoindre Démocratie Québec après avoir défendu un SRB sur Charest. « On va retravailler un peu le circuit, l’hypothèse Charest n’a pas fait l’affaire pour tout le monde. Là où il y a de la densité, ça serait le tramway; en périphérie, viser un niveau de service avec du métrobus constant », a confessé le maire.

Par contre, pas question que le tramway traverse le pont pour se rendre à Lévis. « C’est à eux de venir se connecter à Québec, il y a quatre hypothèses d’interconnexion sur la table », a fait valoir Régis Labeaume.

Un manque de transparence

Du côté de Québec 21, ce revirement est vu comme un manque de transparence par le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin. « Je me mets à la place d’Anne Guérette et de monsieur [Jean] Rousseau, qui ont fait campagne là-dessus. Ce que j’entends du maire, ça commence à ressembler beaucoup au projet de Démocratie Québec », a déploré le chef de Québec 21, toujours opposé à un tramway ou à tout autre mode de transport structurant.

En effet, pendant la campagne électorale, Démocratie Québec est le seul parti à avoir mis de l’avant le tramway comme mode de transport structurant. Alors qu’il a refusé de donner un nom au futur mode de transport structurant et de présenter un tracé pendant toute la campagne électorale, Régis Labeaume se défend d’avoir eu un agenda caché.

« Jusqu’à il y à peu près deux semaines, personne ne nous avait signalé, au gouvernement, qu’ils avaient envisagé un tramway et de payer », a plaidé le maire de Québec. « C’est devenu sérieux après les élections », a poursuivi Régis Labeaume.

Pour Jean-François Gosselin, Régis Labeaume a manqué de courage pendant la campagne électorale. « Une campagne électorale, ça sert à s’engager, à présenter aux citoyens ce qu’on veut faire lorsqu’on est élu; lui, clairement, c’est pas ce qu’il a fait », a soutenu le chef de l’opposition. Jean-François Gosselin demande maintenant au maire de Québec « d’arrêter de tourner en rond » et d’aller en référendum afin que la population se prononce sur le projet. « Que le maire nous présente son projet, qu’on ait un référendum, qu’on décide ensemble si on va de l’avant ou pas », a-t-il plaidé.

Régis Labeaume promet de consulter la population sur le projet qui sera mis en place, comme il l’a dit en campagne électorale.