On jase avec Anne Guérette (1)

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À quelques mois des élections municipales, Monmontcalm est allé à la rencontre de la conseillère municipale du quartier Montcalm, nouvelle chef de Démocratie Québec et candidate à la mairie de Québec, Anne Guérette, pour discuter de sa vision du rôle de maire et des quartiers Montcalm, Limoilou, Saint-Roch et Saint-Sauveur.

Q : Comment voyez-vous le rôle de maire?R : Un élu, c’est un humble serviteur qui doit travailler au service des gens. C’est quelqu’un en qui les citoyens ont remis leur confiance pour prendre les décisions dans leur intérêt. Pour moi, c’est fondamental et c’est quelque chose qui me distingue de monsieur Labeaume parce que, moi, je ne le sens pas comme quelqu’un qui est au service des citoyens. Quand on est au service [des citoyens] et qu’il y a un groupe de gens qui s’exprime, on écoute. Puis, on dit peut-être que là il y a quelque chose que je n’ai pas compris. Lui, il rejette du revers de la main et impose sa décision. L’amphithéâtre par exemple, je ne suis pas convaincue qu’on l’a mis à la bonne place, je l’aurais plutôt construit près des ponts. On aurait pu en profiter pour faire un projet de mobilité durable, des stationnements incitatifs et coordonner le transport avec la rive sud, mais ça n’a jamais été fait. Maintenant, il est là pour les 75 prochaines années.Q : Quelle serait l’une des premières choses à faire pour améliorer la vie de quartier?R : Ça serait de revoir le rôle des conseils de quartier et de leur redonner leurs lettres de noblesse. Si je suis élue, je m’assois avec les présidents de tous les conseils de quartier pour voir avec eux les changements à apporter. Il y a sur les conseils de quartiers des gens extraordinaires, engagés, attachés à leur quartier, très actifs et de tous les âges. Il faut consolider le rôle des conseils de quartier, revenir avec les plans directeurs. D’ailleurs, certains conseils de quartiers ont créé leur propre plan comme le conseil de quartier Montcalm avec le document Vision Montcalm parce qu’ils souhaitent que leurs élus saisissent mieux, ce qu’ils veulent dans leur quartier. Il faut le rendre obligatoire dans tous les quartiers. Mais pour ça, il faut aussi améliorer la représentativité avec un représentant de chaque secteur, gens d’affaires, milieu culturel, milieu communautaire et milieu institutionnel. Il faut aussi laisser une certaine liberté au conseil de quartier pour choisir des projets. En ce moment, les critères sont tellement stricts que les gens sont déçus et se sentent muselés. Ils ne peuvent pas gérer leur budget d’initiative et choisir les projets qu’ils trouvent intéressants pour leur quartier. Ils doivent toujours demander l’autorisation et plusieurs projets sont rejetés pour des raisons obscures.Q : Dans Montcalm, que pensez-vous de la place Richard-Garneau?R : La pastille du centre (celle qui n’a pas de banc) à chaque fois que je passe, je me dis qu’elle n’a pas d’affaires à être là. Si je suis élue, la grue vient et je la fais enlever rapidement pour la mettre ailleurs dans la ville ou sur les plaines. Quand on circule en diagonale, on l’a dans les jambes et elle nous prive d’une certaine flexibilité. Cela permettrait d’installer des choses temporaires comme l’an passé le carré de sable. De plus, les bancs ne sont pas du tout confortables. C’est dommage parce qu’un groupe de citoyens a fait un travail extraordinaire avec des propositions qui n’ont pas été acceptées pour rendre la place plus humaine et plus confortable. Maintenant, le budget n’a pas été utilisé au complet. Un miroir concave devait être installé sur le mur de la pharmacie, mais je ne pense pas que les propriétaires soient d’accord pour perdre leurs panneaux publicitaires. On pourrait peut-être créer un mur vert avec une partie en bas pour les enfants pour leur permettre de dessiner. La question demeure entière et j’aimerais en discuter avec le conseil de quartier. En tout cas, l’an passé, il y avait bien plus de monde sur la place avec le mobilier urbain temporaire et c’était aussi beaucoup plus confortable. Il faut savoir aussi que la place appartient au promoteur, mais c’est la ville qui gère l’aménagement. C’est complexe comme situation.Q : Les taxes commerciales contrairement aux taxes résidentielles n’ont pas été gelées dans le prochain budget, qu’en pensez-vous?Il faut donner un meilleur soutien aux commerçants. Certains ont eu une augmentation de 84 % de leur compte de taxes. C’est difficile pour les commerçants, le propriétaire de l’épicerie Moisan [sur le rue Saint-Jean] le disait encore hier, il ne sait plus quoi faire, il coupe dans ses employés, il travaille plus d’heures, il essaye de rationaliser. En 2009, le maire disait « ceux qui pensent que c’est possible de faire une baisse de taxe ou un gel de taxe résidentielle rêvent en couleur ». Regardez ce qu’il fait aujourd’hui. La semaine dernière, il a dit par rapport aux taxes commerciales que c’était farfelu. Pour moi, ce n’est pas farfelu, c’est possible. Si on arrête de dépenser inutilement comme le grand marché ou le centre de glace, on va peut-être pouvoir dégager des fonds pour nos commerçants. Il y a toute la question des parcomètres aussi, les commerçants reçoivent très peu en retour. On est en faveur de leur donner davantage.Le prochain article abordera le programme de soutien à la rénovation, le marché du vieux port et le SRB.

L’entrevue a été éditée pour faciliter l’écriture.