On jase avec Anne Guérette (2)

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Élue depuis 2007 comme conseillère municipale dans le district Cap-aux-Diamants dont une partie du quartier Montcalm, Anne Guérette affrontera Régis Labeaume en 2017 dans la course à la mairie de Québec. La chef de Démocratie Québec a accordé une longue entrevue à Monmontcalm mercredi matin dont voici la seconde partie. On aborde avec Anne Guérette, les quartiers centraux de la Basse-Ville avec des enjeux comme l’accès à la propriété via le programme de soutien à la rénovation, le Marché du Vieux-Port et son déménagement à Expo-Cité et le transport en commun avec le SRB. La conseillère de Montcalm prévoit un investissement de 200 millions dans le premier mandat pour de grands projets d’urbanisation.

Q : De quel oeil voyez-vous l’évolution des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur?R : Il y a de plus en plus de jeunes familles et de jeunes parce que cela reste des lieux où c’est encore abordable. Ces deux quartiers ont besoin comme tous les quartiers centraux du programme de soutien à la rénovation. La Ville de Québec a abandonné ce programme. Nous pensons qu’il faudrait investir 20 millions par années pour que les jeunes familles décident d’acheter là. Parfois, il y a beaucoup de rénovation à faire et, comme Ville, il faut ramener le programme de soutien à la rénovation et je veux pousser sur le gouvernement pour qu’il ajoute sa part. Le programme à la rénovation entraîne de nombreux bénéfices comme la création d’emplois, la santé de notre parc immobilier et la lutte contre le travail au noir. Avec l’ancien programme, la Ville donnait 5 millions et le gouvernement 5 millions. Je doublerais la somme pour aider les gens de Québec à rénover leur maison ou les aider à acquérir une maison qui demande des rénovations. Le programme d’accès à la première propriété est également à revoir pour le cibler sur les quartiers centraux.Q : Le Marché du Vieux-Port va déménager à Expo-Cité, vous êtes contre. Pourquoi?R : On veut garder le Marché du Vieux-Port et investir autour de 5 millions pour sa rénovation. On laisse tomber le projet du Grand Marché à l’amphithéâtre qui n’est pas un projet dont les citoyens ont besoin. Il y a déjà deux gros marchés au Vieux-Port et à Sainte-Foy. À la place, on veut travailler avec les citoyens de toute la ville pour voir comment on peut déployer des marchés de quartier. On l’a vu à Val-Bélair et à Limoilou, ce sont des activités très appréciées par les citoyens. Il pourrait avoir par exemple des marchés de Noël dans les quartiers et selon les saisons. Aller au marché près de son quartier avec les enfants à pied ou en vélo, c’est une activité en émergence et une vision d’ avenir contrairement au Grand Marché. On veut aussi travailler avec les SDC pour créer des marchés toutes les fins de semaine sur les artères commerciales sur tout le territoire avec les commerçants du quartier et des commerçants complémentaires. Cette solution aurait le mérite de soutenir les commerces de proximité au lieu de leur faire concurrence avec un marché géant sur une île déserte.Q : Le projet du SRB ne vous emballe pas beaucoup. Que proposez-vous pour favoriser le transport en commun?R : Le trajet proposé ne correspond pas aux besoins de la population. Je pense qu’il doit passer par la Haute-Ville et René Lévesque à la place du métrobus. Avec le tracé actuel, les gens vont partir de Lévis, se rendre en Basse-Ville et prendre une correspondance pour se rendre sur la colline parlementaire. Le gouvernement doit mettre la main à la poche, d’ailleurs le maire de Lévis l’a dit, il n’est pas question que la Ville de Lévis paye 25 % de la facture. On va travailler les prochains mois sur un plan qui tiendra compte également des banlieues pour permettre aux gens de se déplacer d’une manière plus efficace et plus confortable. Si on veut que les gens de la périphérie adhèrent au transport en commun, il faut leur proposer quelque chose d’excitant à la place de la voiture. Pour l’instant, le projet est mauvais et le RTC n’investit pas aux bons endroits. On est en retard à Québec et je veux amener une vision de développement durable et d’urbanisation des transports avec des investissements massifs.

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L’entrevue a été éditée pour faciliter l’écriture