Le transport en commun pour relancer l’économie

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Accès transports viables et le Regroupement des utilisateurs et utilisatrices des transports collectifs et actifs du Québec métropolitain souhaitent que le nouveau ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports du Québec, Jacques Daoust, s’inspire en profondeur de la récente note produite par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), Le transport en commun comme solution à la relance économique et à la crise environnementale au Québec.

Selon cette étude, une hausse des investissements de 10% annuellement dans les infrastructures de transports collectifs permettrait de créer sur 10 ans 40 000 emplois, de hausser le PIB de 4,14 milliards $, d’avoir un effet bénéfique sur la balance commerciale du Québec de 29 milliards $, en plus de réduire de 8,5 % les émissions de gaz à effet de serre du Québec.« Jamais les contextes politique, économique et environnemental n’auront été aussi favorables à la création d’une véritable politique industrielle autour du secteur du transport en commun. Le Québec est un producteur de pointe dans ce secteur manufacturier et l’IRIS vient de démontrer que cette production additionnée à l’exploitation de nouveaux réseaux relancerait l’économie du Québec », déclare le directeur général d’Accès transports viables, Étienne Grandmont.Le directeur général d’Accès transports viables estime par ailleurs que l’étude s’avère une sérieuse mise en garde quant à la tentation de faire de l’automobile électrique le fer de lance d’une stratégie environnementale ou économique. À titre d’exemple, l’opération d’une voiture électrique exige autant de lithium que 10 000 téléphones cellulaires.« La voiture électrique comme principal moteur de notre mobilité demeure d’abord et avant tout un développement du Québec axé sur l’automobile, avec les problématiques sanitaires, les coûts pharaoniques en infrastructures routières et les problèmes environnementaux que l’on connaît. Après plus de 60 ans au tout à l’auto, il est temps de changer de cap pour une nouvelle destination. »En effet, les voitures électriques coutent beaucoup plus cher que les voitures standards et malgré les économies d’essence, il y aurait tout de même un manque à gagner important pour le Québec qui pourrait atteindre selon l’IRIS 3 G$. Il faut ajouter à cela que les voitures électriques ne changeraient en rien la congestion routière et l’étalement urbain.

Les Québécois dopés à la voiture

Le parc automobile du Québec compte plus de 4,7 millions de voitures. Le nombre de voitures augmente plus vite que la population en âge de conduire. Entre 2006 et 2013, il a connu une croissance de 1,9 % contre 1,1 % pour la population de plus de 15 ans.Et les dépenses liées à l’automobile pèsent lourd sur les dépenses des ménages. En 2013, la voiture représentait le deuxième plus important poste de dépenses. Les gens empruntent souvent pour acheter un véhicule qu’il soit neuf ou d’occasion. Selon le rapport, 13,4 % des dépenses des ménages québécois sont liées aux déplacements en automobile.On entend régulièrement au centre-ville que ce soit dans Saint-Roch ou dans Montcalm, que les problèmes de stationnements nuisent aux commerces. Certains ont pris la décision de déménager comme MEC qui va s’installer aux Galeries de la capitale, un commerce qui pourtant prône le plein air et la protection de l’environnement. Il est temps de se poser des questions et de changer les mentalités. Plusieurs grandes villes européennes ont fait le choix de rendre l’utilisation de la voiture secondaire, le Québec peut le faire aussi. Il suffit que certains mettent leurs culottes.

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